Home SantéLe traitement du PGE 2026 chez les Députés est reporté ; Il reste 13 jours ouvrables pour l’approuver

Le traitement du PGE 2026 chez les Députés est reporté ; Il reste 13 jours ouvrables pour l’approuver

by Sophie Martin

L’examen du projet de loi de finances pour 2026 s’avère plus laborieux que prévu pour les députés boliviens, avec un calendrier serré et des questions cruciales concernant les subventions aux carburants et l’allocation des ressources aux secteurs clés. Malgré un accord partiel sur certains aspects, l’adoption complète du budget reste incertaine avant la fin de la session parlementaire.

Lors de la séance de jeudi dernier, les parlementaires n’ont pu traiter que deux points sur les six inscrits à l’ordre du jour. Ils ont toutefois approuvé un crédit différé de 95,9 millions de dollars (US$) provenant de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Le Projet Général de l’État (PGE) 2026 avait déjà été examiné en détail et approuvé en grande partie par la Commission de Plan de la Chambre des Députés le 6 décembre dernier.

À ce stade, le Parlement dispose de seulement 13 jours ouvrables pour achever l’approbation du PGE 2026, un délai qui inclut également l’examen par les sénateurs et la séance plénière de l’Assemblée législative, avant que le texte ne soit transmis à l’exécutif pour promulgation. La situation est d’autant plus délicate que le PGE 2025 n’a pas été approuvé par l’Assemblée, qui avait reporté son examen à plusieurs reprises, notamment en raison des vacances de fin d’année 2024. L’exécutif avait alors appliqué la loi 1613, entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

Selon un communiqué de la Chambre des Députés publié le 6 décembre, le projet de loi de finances prévoit notamment l’autorisation pour la Banque centrale de Bolivie (BCB) de restructurer les crédits accordés aux Entreprises Publiques Stratégiques Nationales (EPNE), afin de leur apporter un allègement financier. Il consolide également l’obligation pour les gouvernements départementaux autonomes de financer la prime de vaccination avec leurs propres ressources.

Cependant, les détails concernant les montants précis et les éventuelles modifications apportées aux différents postes budgétaires n’ont pas été divulgués. Le projet initial, présenté en octobre à l’Assemblée législative plurinationale (ALP) par le ministère de l’Économie et des Finances publiques, prévoit des dépenses totales de 298 332 millions de bolivianos (BS).

Ce projet budgétaire est élaboré dans un contexte économique marqué par une inflation élevée, des pressions sur le secteur énergétique et un déficit budgétaire qui devrait dépasser à nouveau les 10 % du produit intérieur brut (PIB), selon les projections. L’exécutif avait basé ses estimations sur une croissance du PIB de 0,9 %, une inflation de 10,1 % en fin de période et un prix de référence du pétrole de 71 dollars le baril, un facteur déterminant pour l’impact des subventions aux carburants, l’un des principaux postes de dépenses publiques.

Les dépenses courantes représentent la majeure partie du budget consolidé, avec environ 190 799 millions de BS. Les salaires et traitements s’élèvent à 53,702 millions de BS, en raison du poids des secteurs de l’éducation, de la santé et de l’administration publique. Les intérêts de la dette avoisinent les 22 milliards de BS, tandis que les transferts courants, destinés aux entreprises publiques, aux gouvernements infranationaux et aux programmes sociaux, totalisent plus de 60 milliards de BS.

Les subventions aux carburants sont programmées à 15,547 millions de BS pour 2026, contre 15,156 millions de BS pour 2025, afin de couvrir l’importation de diesel, d’essences spéciales, de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et d’autres produits, ainsi que les incitations à la production de pétrole et de condensats. Le gouvernement de Rodrigo Paz a annoncé une réduction « progressive » de ces subventions, en privilégiant une approche sociale pour protéger les secteurs les plus vulnérables et ceux capables d’assumer le prix réel du diesel, tels que le transport lourd, les mines et l’agro-industrie.

La subvention alimentaire de base a été suspendue, avec 826 millions de BS alloués aux programmes gérés par l’Emapa, une entreprise actuellement sous enquête pour des actes de corruption. L’éducation et la santé représentent plus de 20 % du budget, avec respectivement 32,546 millions de BS et 30 081 millions de BS.

L’investissement public prévu pour 2026 s’élève à 23,666 millions de BS, principalement dans les secteurs productifs (énergie, hydrocarbures, industrie, agriculture, mines et tourisme) avec 10,271 millions de BS, suivi par le secteur social (assainissement, santé, logement, éducation, sports, etc.) et les infrastructures.

Le financement budgétaire repose à nouveau sur le crédit extérieur, notamment auprès des organisations multilatérales et bilatérales, ainsi que sur le crédit interne, principalement par l’émission de titres du Trésor et l’utilisation des ressources des entreprises publiques et d’autres revenus courants.

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