Home SantéLe vaccin nasal est prometteur contre le cancer du col de l’utérus

Le vaccin nasal est prometteur contre le cancer du col de l’utérus

by Sophie Martin

Publié le 13 novembre 2025. Des chercheurs japonais ont mis au point un vaccin nasal expérimental contre le cancer du col de l’utérus, une alternative prometteuse aux traitements actuels qui pourrait préserver la fertilité des patientes et améliorer leur qualité de vie.

  • Un nouveau vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l’utérus peut être administré par voie nasale.
  • Des études sur des animaux ont démontré une forte réponse immunitaire et une activité antitumorale significative.
  • Cette approche pourrait offrir une option de traitement moins invasive et mieux tolérée que la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie.

Le cancer du col de l’utérus, l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes à travers le monde, est principalement causé par le virus du papillome humain (VPH). Bien que la prévention par la vaccination et le dépistage régulier soient essentiels, il existe actuellement peu d’options thérapeutiques pour les femmes déjà infectées ou atteintes de la maladie. Les traitements conventionnels, souvent lourds, peuvent avoir des conséquences sur la fertilité et le bien-être général des patientes.

L’équipe du professeur agrégé Rika Nakahashi-Ouchida et de Mme Hiromi Mori, de l’université de Chiba au Japon, a développé ce vaccin innovant, dont les résultats ont été publiés le 12 novembre 2025 dans la revue Science Translational Medicine. Contrairement aux vaccins injectables, cette nouvelle formulation est administrée par voie intranasale, stimulant ainsi une réponse immunitaire au niveau des muqueuses, notamment celle du col de l’utérus.

Les chercheurs s’appuient sur des travaux antérieurs qui avaient montré l’efficacité de l’immunisation nasale pour induire une forte réponse immunitaire dans l’appareil reproducteur contre le virus de l’herpès simplex de type 2 (HSV-2). Ils ont utilisé des nanogels cationiques, des particules d’hydrogel de taille nanométrique, pour délivrer les antigènes du VPH directement aux tissus de la muqueuse nasale. Ces nanogels, grâce à leur charge positive, adhèrent aux surfaces muqueuses chargées négativement, libérant progressivement les antigènes et optimisant ainsi la réponse immunitaire.

« Nous avons développé un vaccin thérapeutique intranasal comme alternative non chirurgicale aux traitements conventionnels qui peuvent compromettre la qualité de vie des femmes. Ce nouveau vaccin nasal active les voies de guidage des lymphocytes dans la muqueuse, lui permettant de déclencher une réponse immunitaire dans la muqueuse cervicale, un site d’administration nasale. »

Professeur associé Rika Nakahashi-Ouchida

Le vaccin cible spécifiquement l’oncoprotéine E7, produite par le VPH16, l’une des souches à haut risque les plus fréquemment associées au cancer du col de l’utérus. Cette protéine inactive le pRb, un suppresseur de tumeur essentiel. Pour renforcer l’efficacité du vaccin, les chercheurs ont ajouté du di-AMP cyclique (c-di-AMP), un adjuvant qui stimule le système immunitaire et favorise l’activation des lymphocytes T, permettant ainsi une attaque directe des cellules infectées ou cancéreuses.

Les tests effectués sur des souris et des macaques ont révélé une forte activité antitumorale. Chez les souris, le vaccin nasal a considérablement ralenti la croissance tumorale. Des études menées sur des macaques, utilisant un vaporisateur nasal adapté à l’administration humaine, ont montré le développement de niveaux élevés de cellules T auxiliaires et tueuses spécifiques de E7, produisant des molécules immunitaires associées au contrôle des tumeurs. Une activité immunitaire a également été détectée dans le tissu cervical, confirmant l’efficacité du vaccin pour induire une protection au niveau du site d’infection.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le cancer du col de l’utérus a causé environ 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès en 2022. Si les essais cliniques confirment sa sécurité et son efficacité chez l’humain, ce vaccin nasal pourrait représenter une avancée majeure dans la prise en charge de cette maladie, offrant une alternative moins invasive et préservant la fertilité des patientes.

« Les immunothérapies telles que les vaccins thérapeutiques intranasaux peuvent aider à établir une nouvelle catégorie de traitements non invasifs. Ces approches pourraient être étendues à la prévention des récidives et à la gestion des maladies chroniques, offrant ainsi aux patients des options plus sûres et plus accessibles. »

Professeur associé Rika Nakahashi-Ouchida

Référence: Nakahashi-Ouchida R, Mori H, Yuki Y et al. Le vaccin thérapeutique nasal contre le VPH à base de nanogel cationique prévient le développement du cancer du col de l’utérus. Sci Transl Med. 2025;17(824):eado8840. doi: 10.1126/scitranslmed.ado8840

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.