Publié le 19 novembre 2025 14h48. Face à une escalade des tensions, le Venezuela de Nicolás Maduro s’appuie sur un réseau d’alliances internationales complexes, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région, ravivant les craintes d’un conflit.
- Les États-Unis ont déployé près de 15 000 soldats et des navires de guerre dans les Caraïbes.
- Le régime vénézuélien a investi massivement dans des armes et des services de sécurité provenant de pays opposés aux États-Unis.
- La valeur stratégique du Venezuela pour ses alliés diminue en raison de la crise économique du pays.
Le Venezuela, confronté à une pression accrue de la part des États-Unis, s’appuie sur un éventail d’alliés pour maintenir son pouvoir. Ces alliances, forgées au fil des années, incluent des partenariats avec Cuba, la Chine, l’Iran et la Russie, chacun apportant une contribution spécifique à la survie du régime de Nicolás Maduro.
L’administration Trump a récemment intensifié sa rhétorique à l’égard de Caracas, qualifiant M. Maduro de dictateur et l’accusant de diriger une organisation terroriste impliquée dans le trafic de drogue. Le président Trump a oscillé entre des menaces d’intervention militaire et des ouvertures au dialogue, semant l’incertitude quant à la suite des événements. Il a affirmé à la presse :
« Nous devons simplement nous occuper du Venezuela. »
Donald Trump, président des États-Unis
Les analystes s’accordent à dire que l’armée vénézuélienne aurait du mal à résister à une attaque coordonnée de la puissance militaire américaine. Cependant, les armes fournies par ses alliés pourraient compliquer toute opération.
La Chine, bien qu’elle se soit abstenue d’accorder de nouveaux prêts, demeure un partenaire commercial essentiel, achetant une part importante du pétrole vénézuélien. Cuba, en proie à une crise économique, continue de fournir une expertise précieuse en matière de contre-espionnage. Depuis le début du déploiement militaire américain, M. Maduro a renforcé sa garde rapprochée avec des agents cubains et a étendu leur rôle au sein des forces armées vénézuéliennes, dans le but de prévenir un coup d’État. Une source proche des forces armées vénézuéliennes a souligné que M. Maduro et son entourage considèrent les agents cubains comme fiables et incorruptibles.
L’Iran a joué un rôle crucial dans le maintien de l’industrie pétrolière vénézuélienne en déclin, tandis que la Russie a fourni des armes et un soutien militaire. Cependant, la capacité et la volonté de ces alliés à apporter un soutien significatif sont désormais remises en question. Selon Ruslan Pukhov, expert du commerce d’armes russe basé à Moscou :
« Peut-être qu’ils pourront venir réparer quelque chose, apporter des pièces de rechange. Mais je pense que le message principal est que le Venezuela est seul. »
Ruslan Pukhov, expert du commerce d’armes russe
Un avion cargo russe, habitué à desservir des pays où la Russie a une présence militaire, a effectué une escale à Caracas le 30 octobre. Il n’est pas clair si cet appareil transportait du matériel ou du personnel militaire supplémentaire, ou s’il s’agissait d’une opération de maintenance programmée sur des armes de fabrication russe. Un autre avion militaire russe avait effectué un voyage similaire en 2019, lors d’une précédente crise politique au Venezuela.
Les analystes militaires estiment que les systèmes d’armes russes sophistiqués, tels que les systèmes de défense aérienne S-300 et les chasseurs Sukhoi, seraient probablement détruits lors d’une première frappe américaine. Cependant, les missiles sol-air portables Igla, considérés comme parmi les plus performants de leur catégorie, pourraient poser un défi important aux forces américaines. M. Maduro affirme que son régime possède 5 000 missiles Igla, déployés dans tout le pays. Bien que leur état opérationnel soit incertain, même un nombre limité de ces missiles représenterait une menace sérieuse pour les aéronefs volant à basse altitude.
L’opposition vénézuélienne a appelé à plusieurs reprises les responsables vénézuéliens à abandonner M. Maduro pour assurer leur propre survie. Certains anciens responsables américains suggèrent que le déploiement militaire américain vise à créer des divisions au sein des forces de sécurité vénézuéliennes. Cependant, les responsables vénézuéliens actuels et anciens estiment que la longue expérience de M. Maduro dans la répression de la dissidence rend une telle scission improbable.
Parmi les options militaires envisagées par l’administration Trump figurent l’envoi de forces spéciales pour capturer ou éliminer M. Maduro, ainsi que la prise de contrôle des champs pétroliers ou des infrastructures critiques du Venezuela.
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