Publié le 24 novembre 2025. Le vice-président indonésien Gibran Rakabuming Raka a plaidé pour une plus grande équité dans le système financier mondial lors du sommet du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud, alors que le groupe est confronté à des tensions croissantes liées au boycott américain et à un possible désengagement l’année prochaine.
- Gibran Rakabuming Raka a représenté le président Prabowo Subianto au sommet du G20.
- Il a appelé à un financement plus accessible, prévisible et équitable pour les pays en développement.
- Le sommet s’est déroulé dans un contexte de tensions, notamment le boycott américain et le départ de l’Argentine des négociations sur le climat.
Arrivé vendredi à Johannesburg, Gibran a participé au sommet de deux jours aux côtés d’une délégation indonésienne comprenant le ministre coordinateur de l’économie Airlangga Hartarto, le vice-ministre des Affaires étrangères Arrmanatha Nasir et le vice-ministre des Finances Thomas Djiwandono. Il a transmis les salutations du président Prabowo Subianto à son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, et a félicité l’Afrique du Sud pour l’organisation de ce premier sommet du G20 sur le continent africain.
« Cela marque un tournant important, où les pays du Sud jouent un rôle de plus en plus crucial dans la gouvernance mondiale », a déclaré Gibran, cité dans un communiqué de son bureau. Il a souligné l’importance d’une croissance économique inclusive et durable, rappelant les efforts de l’Indonésie en matière de financement des petites et moyennes entreprises (PME) vertes, avec plus de la moitié du budget climatique national – environ 2,5 milliards de dollars américains (environ 2,3 milliards d’euros) par an – alloué à ce secteur.
Gibran a également mis en avant le succès du système de paiement numérique indonésien, le QRIS (Quick Response Indonesia Standard), qui, selon lui, contribue à l’inclusion financière et à la réduction des inégalités socio-économiques. Il a insisté sur la nécessité d’un accès plus facile et équitable au financement.
Lors de la deuxième journée du sommet, Gibran a exposé l’approche indonésienne pour renforcer la résilience nationale. Il a notamment cité le programme de repas nutritifs gratuits, une initiative phare de l’administration Prabowo, comme un élément clé de la sécurité alimentaire. Il a également souligné l’expérience de l’Indonésie en matière de gestion des catastrophes naturelles, un défi majeur pour un pays situé sur la « ceinture de feu du Pacifique », zone particulièrement sujette aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques (plus de 3 000 catastrophes naturelles chaque année).
Face à un contexte mondial de plus en plus complexe, Gibran a attiré l’attention sur les crises humanitaires en cours à Gaza, en Ukraine, au Soudan et dans la région du Sahel, soulignant que de nombreuses tragédies sont le résultat d’actions humaines et non de catastrophes naturelles.
« Ces tragédies nous rappellent de placer l’humanité au cœur de la gouvernance mondiale. Le monde ne doit pas normaliser des souffrances qui pourraient être évitées. »
Gibran Rakabuming Raka, vice-président indonésien
Le sommet s’est déroulé dans un climat tendu, marqué par le boycott américain après le refus du président Donald Trump d’y participer. Malgré cela, les dirigeants du G20 ont adopté une déclaration réaffirmant leur engagement en faveur de l’action climatique. L’Argentine, dirigée par le président Javier Milei, un allié de Trump, a quitté les négociations juste avant la finalisation du texte, selon l’agence Reuters.
La fermeté du texte sur le climat a été largement interprétée comme une critique implicite à l’égard de Trump, qui a régulièrement remis en question le consensus scientifique sur le réchauffement climatique d’origine humaine. Un porte-parole du président Ramaphosa a affirmé que le texte « ne peut être renégocié », cité par Reuters.
Quelques heures plus tard, la Maison Blanche a accusé Ramaphosa de « militariser » la présidence sud-africaine du G20 et de s’opposer à une transition en douceur avant que les États-Unis ne prennent la présidence tournante l’année prochaine.
La présidence américaine suivra une série de pays du Sud, après l’Indonésie en 2022, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud.
La présence de Gibran au G20, sa première participation à un forum international de cette envergure, s’explique par des contraintes d’agenda du président Prabowo Subianto, qui devait également s’occuper de plusieurs dossiers à Jakarta, notamment une visioconférence avec le Premier ministre britannique Keir Starmer. Cette réunion a précédé le lancement prévu du partenariat stratégique entre le Royaume-Uni et l’Indonésie, salué comme une nouvelle étape dans la coopération bilatérale.
Le secrétaire du Cabinet, Teddy Indra Wijaya, a déclaré dans un communiqué que Prabowo et Starmer avaient discuté des moyens de renforcer la coopération dans les domaines maritime, de la croissance économique et de l’enseignement supérieur.
« Cette visioconférence marque une étape importante vers le programme commun de l’année prochaine et réaffirme l’engagement des deux pays à construire un partenariat inclusif, tourné vers l’avenir et mutuellement bénéfique. »
Teddy Indra Wijaya, secrétaire du Cabinet indonésien
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