Publié le 24 septembre 2025. Le Vietnam lance un vaste programme de lutte contre la fusariose du bananier (TR4), une menace majeure pour ses exportations agricoles, grâce à un financement de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ce projet ambitieux, qui s’étendra sur près de deux ans, vise à protéger une filière essentielle de l’économie nationale.
- Un financement de 120 968 dollars américains (environ 112 000 euros) a été alloué par la FAO pour lutter contre la fusariose du bananier.
- Le projet se déroulera dans 15 provinces du Vietnam, du nord au sud, de septembre 2025 à mai 2026.
- L’objectif principal est de réduire de 40 % les zones infectées par le TR4 et d’identifier des variétés de bananiers résistantes à cette maladie.
Le Vietnam s’apprête à déployer une stratégie nationale de lutte contre la fusariose du bananier (Tropical Race 4, ou TR4), une maladie dévastatrice qui menace la production de cette culture clé. L’initiative, financée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), représente un investissement de 120 968 dollars américains (environ 112 000 euros) et se concentrera sur les principales régions bananières du pays.
Le projet, qui débutera en septembre 2025 et se poursuivra jusqu’en mai 2026, couvrira 15 provinces, allant de Hanoï, Hung Yen, Lao Cai et Lai Chau dans le nord à Dong Nai, Tay Ninh, Can Tho et Ca Mau dans le sud. Il s’agit d’une réponse proactive aux défis croissants posés par le TR4, une maladie qui a déjà causé des pertes importantes dans les plantations de bananiers à travers le monde.
Selon le ministère vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural (MAE), le projet vise à réduire de 40 % la superficie des zones infectées par le TR4. Il prévoit également l’identification d’une à deux variétés de bananiers présentant une résistance à la maladie, ainsi que l’isolement d’au moins une souche de micro-organisme antagoniste efficace, capable de lutter contre le pathogène.
L’enjeu est de taille, car le bananier représente une exportation majeure pour le Vietnam, avec des débouchés sur plus de 10 marchés, notamment la Chine, la Corée du Sud, le Japon et les pays de l’Union européenne (UE). Les marchés haut de gamme exigent de plus en plus des zones de production certifiées exemptes de maladies et offrant une traçabilité complète.
« Il s’agit du premier projet TR4 du Vietnam aligné sur les normes internationales, combinant cartographie épidémiologique, variétés résistantes et contrôle biologique. »
Nguyen Quy Duong, directeur adjoint du Département de la production végétale et de la protection des plantes
Nguyen Quy Duong a souligné que cette approche intégrée permettra aux autorités locales de réagir de manière plus efficace aux épidémies et de renforcer la capacité des agriculteurs à protéger durablement leurs cultures. Le projet s’appuiera sur une cartographie précise de la propagation de la maladie, la sélection de variétés résistantes et l’utilisation de méthodes de contrôle biologique, réduisant ainsi la dépendance aux traitements chimiques.
Objectifs clés du projet
Le projet s’articulera autour de cinq axes principaux. Tout d’abord, il mettra en place un système de surveillance et d’alerte précoce du TR4, basé sur la collecte de 300 échantillons et la création d’une carte nationale de répartition de la maladie. Ensuite, il renforcera les capacités de diagnostic grâce aux techniques de PCR et de LAMP, en formant une équipe d’experts et en dotant les laboratoires du matériel nécessaire pour une détection rapide et précise.
Le projet sélectionnera également des variétés de bananiers résistantes ou tolérantes au TR4, fournissant ainsi une base scientifique pour le développement de nouvelles variétés et leur adoption à grande échelle. Parallèlement, il identifiera des souches microbiennes antagonistes du TR4, afin de développer des méthodes de contrôle biologique alternatives aux produits chimiques. Enfin, une procédure de culture tissulaire sera mise au point pour produire des plants de bananiers sains, ainsi qu’un protocole de gestion durable du TR4 adapté aux conditions locales.
L’importance des exportations de fruits et légumes
Le secteur des fruits et légumes demeure un pilier des exportations agricoles vietnamiennes. Selon le Département général des douanes, les exportations du secteur ont atteint près de 1,3 milliard de dollars américains en septembre 2025, soit une augmentation de 35,9 % par rapport au mois d’août et de 41 % sur un an. Pour les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires total s’élève à environ 6,11 milliards de dollars, en hausse de 8,3 %.
Le durian s’est particulièrement distingué, générant environ 1 milliard de dollars américains de recettes à la fin du mois d’août 2025. Outre le durian, le MAE a également souligné la croissance significative des exportations de noix de coco, de fruit de la passion, de mangue transformée, d’ananas et de banane. Pour maintenir cette dynamique, le Vietnam mise sur la diversification de ses marchés d’exportation et sur le développement de la transformation en profondeur des produits, afin d’accroître leur valeur ajoutée et de réduire sa dépendance aux exportations de fruits frais.
Le ministère encourage également l’adoption de technologies numériques, telles que la blockchain, les codes QR et les systèmes de données numériques sur les plantations, pour améliorer la gestion et la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement, répondre aux normes internationales les plus strictes, optimiser les coûts et réduire les risques de production et de distribution.
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