Publié le 25 octobre 2025 à 17h53. À quatre jours des élections législatives aux Pays-Bas, les chefs de parti multiplient les efforts pour mobiliser leurs électeurs, tout en anticipant déjà les difficultés potentielles de la formation d’une coalition gouvernementale stable.
- Les principaux partis mettent l’accent sur l’importance de leur propre performance électorale.
- Des obstacles à la formation d’une coalition se profilent, notamment l’exclusion du PVV par de nombreux partis.
- Les appels à la coopération et à la recherche de compromis se multiplient, en particulier au centre de l’échiquier politique.
Alors que la campagne touche à sa fin, les dirigeants des différents partis ont redoublé d’efforts pour convaincre les électeurs indécis. Geert Wilders (PVV), Dilan Yesilgöz (VVD) et Frans Timmermans (GL-PvdA) ont insisté sur la nécessité de renforcer leur position pour obtenir le meilleur résultat possible lors du scrutin.
Le leader du CDA, Wopke Bontenbal, et celui du D66, Rob Jetten, ont également souligné l’importance de la performance de leur parti, tout en appelant à un rapprochement des forces politiques du centre pour faciliter la formation d’un gouvernement stable.
Tous les partis s’accordent sur la nécessité d’une formation rapide et d’une coalition solide, afin d’éviter de revivre l’expérience d’un gouvernement instable comme celui en place actuellement, dirigé par un Premier ministre sans affiliation partisane.
Dilan Yesilgöz a déclaré :
« J’espère qu’au lendemain des élections, nous nous asseoirons avec un certain nombre de partis pour régler les problèmes le plus rapidement possible. »
Dilan Yesilgöz, leader du VVD
Rob Jetten a exprimé son espoir de voir rapidement un cabinet ambitieux se former. Pieter Bikker, de l’Union chrétienne, a quant à lui évoqué la perspective d’une formation de plusieurs mois, avec l’image traditionnelle d’un sapin de Noël en arrière-plan lors de la photo de plateforme. « Ce ne sera certainement pas de notre faute », a-t-il ajouté.
Cependant, la campagne a été marquée par des divergences importantes et des exclusions mutuelles, qui pourraient compliquer la formation d’une coalition. De nombreux partis ont d’emblée exclu le PVV de toute collaboration.
Les sondages récents indiquent que le PVV pourrait redevenir le plus grand parti du pays, ce qui pourrait compliquer davantage les négociations, car le plus grand parti a généralement la charge de mener les discussions pour la formation du gouvernement.
Pour contrer l’ascension de Wilders, les partis qui le suivent dans les sondages n’ont pas manqué de souligner ces derniers jours qu’ils ne collaboreraient pas avec lui. Leur message aux électeurs est clair : un vote pour Wilders est un vote perdu.
Wilders a répondu en affirmant que tout dépendrait de la taille de son parti après les élections.
« Le peuple est le patron. Certes, lorsque nous devenons le plus grand, toutes sortes de réalités différentes surgissent. »
Geert Wilders, leader du PVV
Les obstacles ne se limitent pas au PVV. Des tensions existent également entre d’autres partis. Le VVD a affirmé à plusieurs reprises qu’il n’avait aucun intérêt à former une coalition avec GroenLinks-PvdA.
« Ce sera le centre-gauche ou le centre-droit. Et j’espère que c’est le centre-droit. »
Dilan Yesilgöz, leader du VVD
Timmermans a rétorqué :
« Faites de GroenLinks-PvdA le plus grand, car sinon vous obtiendrez toujours la même chose. Je ne peux pas supporter de penser que nous aurons le cabinet Yesilgöz-2. »
Frans Timmermans, leader du GL-PvdA
Dans ce contexte complexe, Wopke Bontenbal a appelé à dépasser les divergences et à privilégier l’intérêt général. Il a souligné que, dans l’état actuel des choses, une coalition majoritaire nécessiterait probablement la participation de partis de gauche et de droite.
« Si vous regardez à travers les cils, vous voyez qu’il vous faut gauche et droite. »
Wopke Bontenbal, leader du CDA
Bontenbal a également appelé à mettre de côté les anciennes querelles et à privilégier la recherche de compromis.
Rob Jetten a également plaidé pour l’unité au sein du centre politique, affirmant qu’il ferait tout son possible pour unir les forces positives afin de former un front uni.
Les résultats des élections du 29 octobre permettront de mieux cerner les perspectives de formation d’un gouvernement. D’ici là, les chefs de parti auront l’occasion de convaincre les électeurs de soutenir leur programme.
Bontenbal a conclu :
« Nous allons nous amuser encore quatre jours et, en fin de compte, c’est à l’électeur de décider. »
Wopke Bontenbal, leader du CDA
Wilders a renchéri :
« La démocratie signifie d’abord voter et ensuite regarder ce qui se passera ensuite. »
Geert Wilders, leader du PVV
