Les marchés mondiaux affichent une journée contrastée, marquée par la prudence après les avertissements des autorités japonaises et des données économiques mitigées. Le yen a gagné du terrain tandis que les actions asiatiques ont chuté, tandis que l’Europe et les États-Unis semblent plus stables.
Le yen a été la devise la plus performante du G10, gagnant environ 0,15 % suite aux déclarations du ministre japonais des Finances appelant à la vigilance. À l’inverse, la couronne norvégienne a subi des pressions à la baisse après la publication d’un taux d’inflation sous-jacente plus faible que prévu, son plus bas niveau depuis quatre mois, avec une perte d’environ 0,35 %. Les autres devises du G10 ont montré peu de mouvement, tandis que les marchés émergents ont affiché des performances mitigées.
La Chine a annoncé une série de mesures commerciales, notamment un renforcement des contrôles à l’exportation sur les technologies liées aux batteries pour véhicules électriques et aux terres rares, ainsi qu’une taxe sur les navires américains faisant escale dans ses ports. Ces décisions interviennent après la fin des célébrations de la fête nationale.
Les bourses japonaises et chinoises ont été particulièrement touchées, perdant plus de 1 % chacune. Les marchés sud-coréens et indiens ont réussi à se redresser, mais la plupart des autres places boursières de la région ont enregistré des baisses. Le Stoxx 600 européen a maintenu un cap stable, et les contrats à terme sur les indices américains affichent une légère hausse.
Sur le marché obligataire, les rendements à 10 ans de référence ont baissé au Japon et en Europe, de l’ordre de 1 à 2 points de base. Les obligations britanniques (Gilts) et françaises ont été les plus performantes jusqu’à présent. La France s’apprête à nommer un nouveau Premier ministre aujourd’hui, tandis que la Belgique pourrait voir sa note de crédit dégradée.
Le prix du pétrole brut a fluctué, se maintenant au-dessus de 3 945 $ (environ 4 000 €) après avoir brièvement testé le seuil de 4 000 $ (environ 4 060 €). Le mois de novembre a reculé après avoir approché les 63 $ (environ 58 €) et se stabilise autour de 61 $ (environ 56 €).
Le dollar américain a bondi hier, atteignant près de 99,60, son niveau le plus élevé depuis le 1er août (où il avait atteint 100,25). Les analystes estiment que peu d’obstacles techniques s’opposent à une poursuite de cette hausse, ce qui pourrait signaler un potentiel de rallye de fin d’année vers le plus haut de fin mars, autour de 104,70. Cependant, ce scénario n’est pas considéré comme le plus probable. L’indice DXY se maintient actuellement dans une fourchette étroite, entre 99,20 et 99,40.
En l’absence de données gouvernementales en raison de la fermeture partielle du gouvernement américain, les données préliminaires d’octobre de l’Université du Michigan seront scrutées aujourd’hui. Un léger recul des anticipations est attendu, avec une stabilité de l’inflation et de l’inflation sur 5 à 10 ans à 4,7 % et 3,7 % respectivement. Si la fermeture du gouvernement se prolonge, le Livre Beige de la Fed et les enquêtes des Fed de New York et de Philadelphie seront les prochains indicateurs à surveiller.
L’euro a atteint hier son plus bas niveau depuis le 5 août, près de 1,1540 $, en partie grâce aux ventes d’options et au déclenchement de niveaux de stop-loss. La prudence est de mise, l’euro étant désormais positionné en dessous de la bande inférieure de Bollinger (environ 1,1575 $). Un potentiel de baisse vers la zone de 1,1515-20 $ est envisageable, avec une tendance à la baisse qui pourrait projeter le cours vers le plus bas du 1er août, légèrement en dessous de 1,14 $. L’euro a enregistré quatre séances consécutives de baisse, une situation qui n’était pas observée depuis la fin janvier.
L’Italie a annoncé une baisse spectaculaire de 2,4 % de sa production industrielle en août, faisant suite à des baisses de 0,1 % en Espagne et de 4,3 % en Allemagne. Le chiffre global de la zone euro est attendu en milieu de semaine prochaine. Par ailleurs, Moody’s devrait annoncer sa conclusion concernant l’examen du crédit de la Belgique, tandis que le marché obligataire français se calme.
Le dollar s’est stabilisé face au yuan chinois (CNH), après avoir atteint mercredi 7,1545, un retracement de 50 % de ses pertes depuis le 1er août. Il a ensuite reculé avec la réouverture des marchés continentaux, tombant à un plus bas de cinq jours près de 7,1240 CNH. La Banque populaire de Chine a fixé aujourd’hui le taux de référence du dollar à 7,1048 CNY (contre 7,1102 CNY hier).
Enfin, l’élection de Takaichi comme nouveau leader du Parti libéral-démocrate (PLD) japonais, et donc probable futur Premier ministre, a insufflé une nouvelle dynamique au taux de change yen/dollar. La corrélation entre les variations du taux de change et le rendement du Trésor américain à 10 ans a diminué, atteignant son plus bas niveau depuis trois mois. Les responsables japonais ont réagi aux fluctuations du yen par une série d’interventions verbales, avertissant qu’ils évaluent attentivement les « mouvements excessifs ou désordonnés ».