Home SantéL’ECDC et l’OMS tirent la sonnette d’alarme sur la crise « cachée » du VIH en Europe

L’ECDC et l’OMS tirent la sonnette d’alarme sur la crise « cachée » du VIH en Europe

by Sophie Martin

Publié le 28 novembre 2024 à 14h35. L’Europe est confrontée à une crise silencieuse du VIH : plus de la moitié des personnes diagnostiquées le sont trop tard pour bénéficier d’un traitement optimal, menaçant l’objectif d’éradication du sida d’ici 2030, selon un rapport alarmant publié jeudi.

  • En 2024, 54 % des diagnostics de VIH en Europe ont été considérés comme tardifs, indiquant un stade avancé de l’infection.
  • Dans l’Union européenne et l’Espace économique européen (UE/EEE), 24 164 nouveaux cas de VIH ont été recensés en 2024.
  • La stigmatisation et la discrimination persistent comme des obstacles majeurs à l’accès au dépistage et aux soins.

Un rapport conjoint du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe tire la sonnette d’alarme. Basé sur les données de 2024, le rapport révèle que 105 922 diagnostics de VIH ont été enregistrés dans la région européenne de l’OMS. Bien que le nombre total de diagnostics ait légèrement diminué par rapport à 2023, les agences sanitaires soulignent des lacunes persistantes en matière de dépistage précoce.

Un diagnostic tardif, défini par un nombre de cellules CD4 inférieur à 350 cellules par millimètre cube, signifie que le système immunitaire est déjà significativement affaibli. Cela réduit l’efficacité des traitements antirétroviraux, augmente le risque de développer le sida et de décès, et favorise la transmission du virus. Selon les experts, un dépistage précoce est crucial pour une prise en charge efficace et la prévention de la propagation du VIH.

Dans l’UE/EEE, 48 % des diagnostics de VIH en 2024 ont été classés comme tardifs, soit près d’un diagnostic sur deux. Face à cette situation préoccupante, Pamela Rendi-Wagner, directrice de l’ECDC, insiste sur la nécessité d’innover dans les stratégies de dépistage :

« Dans l’UE/EEE, près de la moitié de tous les diagnostics sont posés tardivement. Nous devons de toute urgence innover dans nos stratégies de dépistage, adopter le dépistage et l’autodépistage communautaires et assurer un lien rapide avec les soins. Nous ne pouvons mettre fin au sida que si les gens connaissent leur statut. »

Pamela Rendi-Wagner, directrice de l’ECDC

Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a également souligné l’importance de lutter contre la stigmatisation et la discrimination, qui constituent des freins majeurs à l’accès au dépistage et aux soins.

« Nous n’en faisons pas assez pour éliminer les barrières mortelles de la stigmatisation et de la discrimination qui empêchent les gens de recourir à un test simple. Un diagnostic précoce n’est pas un privilège mais une porte d’entrée vers une vie longue et saine et la clé pour arrêter le VIH dans son élan. »

Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe

Les agences sanitaires appellent à une action urgente pour « routiniser, normaliser et intensifier » le dépistage du VIH dans toute la région européenne, afin de permettre une détection précoce et une prise en charge rapide des personnes infectées.

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