Les investisseurs doivent anticiper une période potentiellement agitée en 2026, alors que le financement du gouvernement américain pourrait être interrompu à partir du 30 janvier. Malgré des vents contraires persistants, les perspectives économiques globales penchent vers une croissance supérieure à la tendance, portée par des mesures de relance budgétaire et les avancées de l’intelligence artificielle.
Plusieurs facteurs pourraient freiner l’économie l’année prochaine. Le ralentissement du marché du travail est l’une des principales préoccupations. Les chiffres officiels de l’emploi, publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS), pourraient surestimer la création d’emplois, une hypothèse corroborée par certaines données privées. Bien que les chiffres hebdomadaires restent stables, la croissance de l’emploi dans le secteur privé a marqué le pas ces derniers mois, suggérant un ralentissement plus prononcé de l’activité économique nationale.
L’inflation, bien que toujours au-dessus des objectifs fixés, devrait être temporaire. Une détente de la demande dans les mois à venir devrait atténuer les pressions sur les prix, offrant ainsi une marge de manœuvre aux investisseurs. Cependant, les tensions commerciales internationales représentent un risque non négligeable. Tout nouveau conflit pourrait compromettre la croissance économique, même si, jusqu’à présent, les mesures tarifaires n’ont pas significativement accru le risque de récession.
La fracture économique actuelle, souvent comparée à une économie en forme de « K », accentue les inégalités. Les foyers les plus aisés continuent de prospérer, tandis que les ménages à faibles revenus sont confrontés à des difficultés croissantes, notamment en matière de logement et d’emploi.
Néanmoins, des facteurs favorables devraient l’emporter. Plusieurs pays du G10 mettent en œuvre des mesures budgétaires ciblées pour stimuler la croissance et accélérer la transformation structurelle. Aux États-Unis, le One Big Beautiful Bill Act (OBBBA) devrait injecter des liquidités dans l’économie grâce aux dépenses d’infrastructure, aux incitations aux énergies renouvelables et à la politique fiscale, créant un effet multiplicateur dans divers secteurs.
L’intelligence artificielle (IA) jouera également un rôle clé en stimulant les dépenses en capital et en améliorant la productivité. Les entreprises investissent massivement dans l’automatisation, l’analyse prédictive et l’infrastructure intelligente, ce qui se traduit par des gains de productivité dans l’ensemble des chaînes d’approvisionnement et de la prestation de services. Ces avancées technologiques devraient réduire les coûts opérationnels, améliorer la prise de décision et permettre aux entreprises de se développer plus rapidement.
Par ailleurs, les perturbations des chaînes d’approvisionnement s’atténuent grâce à des stratégies d’approvisionnement diversifiées et à des plateformes logistiques numériques. La baisse des taux d’intérêt, qui réduit les coûts d’emprunt, et la solidité des bilans des entreprises et des ménages contribuent également à créer un environnement favorable à l’investissement et à la consommation.
À ce stade, le Federal Open Market Committee (FOMC) a augmenté ses taux directeurs de 0,25 % pour atteindre une fourchette cible de 3,50 % à 3,75 %. Les prévisions actuelles du FOMC sont plus optimistes que précédemment, avec une croissance plus forte attendue, une inflation plus faible et une diminution du taux de chômage. Une baisse significative de l’inflation sera nécessaire pour que le comité envisage plus de deux réductions de taux en 2026. Il est probable que la première réduction intervienne au deuxième trimestre, mais il est encore trop tôt pour le confirmer.
En résumé, bien qu’il n’existe pas de voie sans risque pour la politique monétaire, le comité semble miser sur une productivité accrue comme solution pour maintenir une croissance solide malgré un ralentissement de la création d’emplois. La Fed pourrait donc maintenir ses taux inchangés au premier trimestre, en particulier si l’économie bénéficie des effets positifs des mesures de relance budgétaire et politique.
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