L’intelligence artificielle générative pourrait transformer la relation entre patients et soignants en offrant aux premiers un accès plus éclairé à leurs données médicales et une meilleure compréhension de leur état de santé. Des initiatives se multiplient à l’échelle mondiale pour donner aux patients le contrôle de leurs informations, mais la simple fourniture de données brutes ne suffit pas : il faut les rendre intelligibles.
Aux États-Unis et en Suisse, des efforts considérables sont déployés pour améliorer la transparence et l’accessibilité des dossiers médicaux. En Suisse, un mouvement croissant plaide pour des plateformes de données contrôlées par les citoyens, permettant un accès facile et pratique à leurs informations de santé. L’initiative du dossier patient électronique (DPE) de l’association Swiss Health Data Space vise à créer un système complet, interopérable et sécurisé, comparable à la boîte noire de l’aviation.
Cependant, l’accès aux données ne représente que la première étape. Les patients peuvent consulter des sites d’information médicale générale comme WebMD ou effectuer des recherches sur Google, mais ces ressources manquent souvent de personnalisation et peuvent générer une surcharge d’informations contradictoires. C’est là que l’IA générative entre en jeu.
Des outils tels que ChatGPT, Gemini et Claude sont capables d’analyser des volumes importants de données complexes – dossiers médicaux, profils génétiques, symptômes – et de les traduire en langage clair et accessible. Cette capacité à combiner une analyse approfondie, une personnalisation et l’élimination du jargon médical permet aux patients de mieux comprendre leurs options et de prendre des décisions éclairées, bénéficiant ainsi d’une expertise comparable à celle d’une consultation médicale.
Lors du Forum 2025 de l’Association Swiss Health Data Space à Olten, en Suisse, il a été souligné que l’IA générative ne vise pas à remplacer les médecins, mais à étendre leur portée. Les systèmes de santé, y compris dans des pays riches comme la Suisse et les États-Unis, sont confrontés à une pression croissante : cliniciens débordés, coûts en hausse et prévalence grandissante des maladies chroniques.
L’IA générative pourrait aider les patients à mieux gérer leurs maladies chroniques, à identifier les signes avant-coureurs de complications et à comprendre les tests et traitements prescrits. Elle pourrait également permettre des soins préventifs et réduire la charge de travail des médecins, contribuant ainsi à lutter contre l’épuisement professionnel. « Il s’agit d’étendre la portée de la profession médicale », a été souligné lors du forum.
Il est crucial, cependant, que les cliniciens dirigent le processus de mise en œuvre de l’IA générative afin d’éviter de répéter les erreurs du passé. L’introduction des dossiers de santé électroniques (DSE) aux États-Unis, initialement conçus pour améliorer la coordination des soins, s’est transformée en systèmes de facturation complexes, limitant l’interopérabilité et contribuant à l’épuisement des cliniciens. En Suisse, la fragmentation des données patient reste un défi majeur.
Le succès de l’IA générative dépendra de la capacité à transformer les opportunités actuelles en réalités médicales concrètes, en plaçant le patient au cœur du système et en favorisant une collaboration plus étroite entre patients et soignants. Les participants au forum ont exprimé un optimisme prudent quant aux perspectives offertes par cette nouvelle technologie.
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