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L’encre de tatouage pourrait modifier la réponse aux vaccins, selon une étude scientifique

by Sophie Martin

Publié le 26 juin 2024 à 14h32. Une étude européenne révèle que l’encre de tatouage provoque une inflammation durable des ganglions lymphatiques et pourrait influencer la réponse immunitaire à certains vaccins, soulevant des questions sur la sécurité à long terme de cette pratique en plein essor.

  • Les pigments des tatouages persistent dans les ganglions lymphatiques pendant des mois, maintenant une activité immunitaire prolongée.
  • L’étude suggère que les tatouages pourraient altérer la réponse aux vaccins, notamment contre la COVID-19 et la grippe.
  • Des chercheurs de plusieurs pays européens ont collaboré à cette recherche, soulignant la nécessité d’une réglementation plus stricte des encres utilisées.

Les tatouages, de plus en plus populaires, ne se limitent pas à une modification esthétique de la peau. Une nouvelle étude menée sur des souris et des cellules humaines révèle que l’encre utilisée provoque une inflammation prolongée dans les ganglions lymphatiques proches de la zone tatouée et pourrait modifier la façon dont le corps réagit à certains vaccins.

Publiée dans la revue PNAS, l’étude, issue de l’Académie nationale des sciences des États-Unis, met en lumière les préoccupations concernant la sécurité immunologique des encres de tatouage.

Selon les chercheurs, les pigments contenus dans l’encre restent piégés dans les cellules défensives des ganglions lymphatiques pendant des mois, maintenant une activité immunitaire dans la zone tatouée bien après l’application. Cette inflammation chronique pourrait avoir des conséquences sur la réponse du corps à la vaccination.

L’équipe de recherche est composée de scientifiques issus de plusieurs institutions européennes : l’Université de Suisse italienne, l’Institut de recherche en biomédecine et l’Université de Berne (Suisse) ; l’Université de Médecine de la Charité Berlin (Allemagne) ; l’Université de Pavie (Italie) ; l’Université Masaryk et l’Institut de parasitologie de l’Académie des sciences de la République tchèque ; et le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé, basé à Lyon (France).

Les chercheurs ont utilisé des souris tatouées avec des encres noires, rouges et vertes – les plus couramment utilisées dans le monde – et ont analysé les échantillons de ganglions lymphatiques et de sang après vaccination. Ils ont constaté que l’encre, transportée par le système lymphatique, s’accumulait dans les ganglions proches du tatouage pendant au moins deux mois, entraînant une inflammation persistante.

Les tests ont révélé que les animaux tatoués présentaient une réponse réduite à la production d’anticorps contre la COVID-19 après vaccination. En revanche, la réaction au vaccin inactivé contre la grippe était étonnamment plus forte, suggérant que l’inflammation chronique pourrait amplifier l’activité immunitaire dans certains cas.

L’étude a également montré que le type de pigment, la quantité utilisée et l’emplacement du tatouage influençaient l’ampleur de l’effet. Les encres noires et rouges semblaient générer des changements immunologiques plus importants.

Les chercheurs soulignent la nécessité de valider ces résultats chez l’homme et recommandent des études supplémentaires pour déterminer les risques potentiels d’altérations immunologiques liées aux tatouages. Ils préconisent également une réglementation plus stricte des ingrédients des encres de tatouage et une information claire des patients sur les risques potentiels.

Interrogée par Infobae, la médecin spécialiste des maladies infectieuses Alejandra Gaiano, membre du comité des maladies infectieuses de la Société argentine de pédiatrie (SAP), a déclaré :

« Les scientifiques suggèrent que l’effet de l’encre de tatouage sur le système immunitaire est local, puisqu’il est principalement observé dans les ganglions lymphatiques qui drainent la zone tatouée. De plus, il se produit à long terme, car l’inflammation et les altérations de la réponse immunitaire se maintiennent pendant au moins deux mois après l’application du tatouage. »

Sur la base de ces nouvelles données, l’experte estime qu’il pourrait être préférable d’éviter d’administrer des vaccins directement sur les zones tatouées, tout en soulignant la nécessité de mener davantage d’études pour confirmer ces résultats.

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