La consommation des ménages français continue de surprendre, affichant une croissance robuste de 4,3 % au dernier trimestre, selon des données publiées mardi dernier. Cette dynamique positive contraste fortement avec un sentiment des consommateurs en berne, soulevant des questions sur sa pérennité.
Traditionnellement, il existe une corrélation étroite entre le pouvoir d’achat et la confiance des consommateurs. Or, les indices de confiance mesurés par l’Université du Michigan et le Conference Board se situent actuellement à leur plus bas niveau depuis dix ans, et cette tendance à l’aggravation se poursuit, malgré la vigueur de la consommation.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce paradoxe. L’effet de richesse, notamment, joue un rôle important : les marchés boursiers américains ont enregistré pour la troisième année consécutive une hausse de plus de 20 %. Par ailleurs, une part croissante des dépenses est consacrée à des postes non discrétionnaires, tels que le logement, la santé, les assurances et les voyages. Ces dépenses, souvent incompressibles, représentent à elles seules près de 20 % de la consommation totale.
Le recours au crédit contribue également à soutenir la demande. L’utilisation des cartes de crédit, les paiements différés et les prêts sur valeur domiciliaire se multiplient, stimulant l’activité à court terme. Cependant, cette tendance s’appuie sur une érosion de l’épargne, qui a atteint un niveau historiquement bas de 4,7 %, et ne peut durablement compenser un revenu personnel réel stagnant.
L’inflation, bien que en voie de normalisation, continue de peser sur le moral des consommateurs, mais son impact direct sur les dépenses semble moins prononcé que prévu.
Sur les marchés financiers, la volatilité a atteint un pic en avril, suite à l’annonce de nouvelles mesures douanières. Les prévisions initiales d’une année tumultueuse ne se sont toutefois pas concrétisées, le marché boursier ayant progressé de près de 45 % depuis ses plus bas d’avril. La volatilité s’est d’ailleurs apaisée durant l’été, et l’indice VIX devrait se stabiliser à ses plus bas niveaux de l’année à l’approche de la fin de l’exercice.
Certains analystes y voient un signe de complaisance, compte tenu des trois années consécutives de gains boursiers importants. L’année prochaine pourrait-elle enfin connaître les turbulences attendues, avec les incertitudes liées aux élections de mi-mandat, aux risques géopolitiques, au renouvellement de la direction de la banque centrale et à la décision de justice concernant les tarifs douaniers ?
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