Publié le 26 mai 2024. Le Mato Grosso reste en tête des préoccupations sanitaires au Brésil avec une recrudescence alarmante des cas de lèpre, poussant la Cour des Comptes de l’État à exiger un plan d’action immédiat.
- Le Mato Grosso a enregistré 4 674 nouveaux cas de lèpre en 2024, un chiffre supérieur à celui de l’année précédente.
- La Cour des Comptes de l’État (TCE) a ordonné au gouvernement et aux municipalités d’élaborer un plan d’action en 30 jours pour lutter contre la maladie.
- L’incidence de la lèpre est particulièrement élevée chez les adultes de 30 à 59 ans, mais des cas persistent chez les enfants, indiquant une transmission récente.
Une enquête menée par la TCE révèle une situation préoccupante concernant la lèpre dans l’État du Mato Grosso. Avec 4 674 nouveaux cas recensés en 2024, la région confirme sa position de leader, malheureusement, en termes de taux de détection de cette maladie négligée au Brésil. Cette augmentation des cas soulève des questions sur l’efficacité des mesures de prévention et de contrôle actuellement en place.
Face à ce constat, la Cour des Comptes a pris des mesures fermes la semaine dernière. Elle a enjoint le gouvernement de l’État et les municipalités à élaborer, dans un délai de 30 jours, un plan d’action détaillé. Ce plan devra impérativement inclure un budget précis, des objectifs clairs, un calendrier de mise en œuvre, l’identification des responsables et des mécanismes de suivi pour évaluer les progrès réalisés dans la lutte contre la lèpre.
L’exécution de ce plan d’action devra s’étaler sur une période de 180 jours et impliquer une coordination étroite entre les différentes institutions concernées. Selon Guilherme Maluf, conseiller-rapporteur de la TCE, le panorama actuel de la lèpre au Mato Grosso démontre sans ambiguïté que la maladie reste un problème de santé publique majeur et persistant.
« Cette situation exige des réponses intégrées et continues. »
Guilherme Maluf, conseiller-rapporteur de la TCE
L’analyse de la TCE met en évidence une concentration des cas dans certaines zones géographiques, notamment à Cuiabá, Juína, Várzea Grande, Colniza, Castanheira, Sinop, Confresa, Pontes e Lacerda, Lucas do Rio Verde et Sorriso. Le conseiller Maluf, qui préside également la Commission permanente de santé, de protection sociale et d’assistance sociale de la Cour des comptes, a attiré l’attention sur le profil épidémiologique de la maladie.
Il a souligné que la lèpre affecte toutes les tranches d’âge, mais que l’incidence est plus forte chez les adultes âgés de 30 à 59 ans. La persistance de cas chez les enfants de moins de 15 ans est particulièrement inquiétante, car elle témoigne d’une transmission active récente de la maladie. De plus, la répartition des cas révèle des inégalités sociales profondes, la majorité des personnes touchées étant issues de milieux défavorisés, de couleur brune et ayant un faible niveau d’instruction, notamment celles qui n’ont pas achevé leur scolarité primaire.
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