Home SantéL’entraînement fractionné à haute intensité est un médicament efficace contre la BPCO

L’entraînement fractionné à haute intensité est un médicament efficace contre la BPCO

by Sophie Martin

Publié le 2024-10-27 10:32:00. Des chercheurs suédois ont démontré qu’un entraînement par intervalles de haute intensité est plus facile à réaliser pour les personnes atteintes de BPCO que l’exercice continu modéré, tout en offrant des bénéfices similaires pour la santé physique et cognitive.

  • L’entraînement par intervalles de haute intensité réduit l’essoufflement chez les patients atteints de BPCO.
  • Les deux méthodes d’entraînement augmentent les niveaux de BDNF, une protéine favorisant la santé cérébrale.
  • Une étude internationale en cours évalue l’efficacité à long terme de cette approche.

Les personnes souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) pourraient bénéficier d’un nouveau type de programme d’exercice, selon une étude récente menée par l’Université d’Umeå en Suède. Les résultats suggèrent que l’entraînement par intervalles de haute intensité (HIIT) est plus accessible aux patients que l’exercice continu d’intensité modérée, tout en offrant des avantages comparables pour la santé globale.

L’étude a comparé deux groupes de patients atteints de BPCO. Le premier groupe a effectué des séances de vélo à très haute intensité, composées de dix intervalles de six secondes, tandis que le second a pratiqué un exercice de vélo continu pendant 20 minutes à une intensité normale. Les chercheurs ont constaté que, bien que les deux méthodes aient eu des effets positifs, l’entraînement par intervalles a entraîné une sensation d’essoufflement moindre.

« Pour les personnes atteintes de BPCO, il est particulièrement important de rester actives physiquement afin d’améliorer leur qualité de vie et de préserver leur santé. En principe, toute activité physique est préférable à l’inactivité, mais les programmes d’entraînement plus faciles à suivre augmentent la probabilité de maintenir une activité physique régulière au fil du temps. »

Johan Jakobsson, doctorant à l’Institut de médecine sociale et de réadaptation de l’Université d’Umeå

L’étude, qui a impliqué 32 participants, a également révélé que les deux approches entraînaient une augmentation des niveaux de BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) dans le sang, une protéine essentielle à la santé du cerveau. La majorité des participants ont d’ailleurs exprimé une préférence pour l’entraînement par intervalles.

Une étude internationale plus vaste, impliquant 140 participants en Suède et en Belgique, est actuellement en cours pour évaluer les effets à long terme d’une version améliorée de l’entraînement par intervalles, sur une période de douze semaines et sur une durée de deux ans. Les premiers résultats sont encourageants, avec une bonne adhérence des participants et des effets prometteurs.

« Les résultats préliminaires montrent une bonne observance et des effets prometteurs. Pour savoir plus précisément comment l’entraînement affecte la fonction physique, la santé cérébrale et l’évolution de la maladie à long terme, l’étude doit être menée à son terme et les résultats confirmés par des recherches supplémentaires. »

Johan Jakobsson, doctorant à l’Institut de médecine sociale et de réadaptation de l’Université d’Umeå

Pour mieux comprendre comment la BPCO affecte la capacité à répondre à l’exercice, l’étude inclut également des participants en bonne santé, de même âge, sexe et niveau d’activité physique, servant de groupe témoin. Des données préliminaires indiquent que les personnes atteintes de BPCO présentent une capacité cardiovasculaire et une fonction musculaire réduites, ainsi qu’une diminution des fonctions cognitives, par rapport au groupe témoin, soulignant la nécessité de méthodes de traitement qui s’attaquent à tous les aspects de la maladie.

BPCO : l’importance de trouver des formes d’entraînement efficaces

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est l’une des maladies chroniques les plus mortelles de notre époque. L’exercice physique est un traitement recommandé, mais les personnes atteintes de BPCO sont souvent limitées par leur essoufflement, ce qui réduit l’efficacité du traitement et leur motivation à s’entraîner.

Il est donc essentiel de trouver des formes d’entraînement efficaces et motivantes. La BPCO est également plus qu’une simple maladie pulmonaire. Elle est fortement liée à des changements en dehors des poumons, appelés manifestations extrapulmonaires, qui peuvent inclure des maladies cardiovasculaires, une dysfonction musculaire et des troubles cognitifs. Ensemble, ces facteurs entraînent une diminution de la qualité de vie, une réduction de l’activité physique, des besoins de soins plus importants et une mortalité accrue.

Il existe donc un besoin important de méthodes de traitement qui s’attaquent à l’ensemble du tableau clinique de la maladie. Développer des traitements efficaces qui vont au-delà des seuls organes respiratoires représente un défi majeur dans la prise en charge de la BPCO.

Pour plus d’informations sur cette recherche, vous pouvez consulter l’ article complet de la thèse (en anglais) de l’Université d’Umeå.

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