Publié le 28 novembre 2025 02:26:00. Le pape Léon XIV se rend en Turquie pour commémorer le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, un événement fondateur du christianisme, et plaider pour l’unité des chrétiens dans un contexte mondial marqué par les divisions.
À l’approche du 1700e anniversaire du Concile de Nicée, le pape Léon XIV effectuera un voyage historique en Turquie, arrivant à Istanbul le vendredi 28 novembre avant de rejoindre Iznik en hélicoptère. Cette ville, autrefois Nicée, a accueilli en 325 un concile œcuménique crucial pour le développement de la foi chrétienne.
Ce sommet, convoqué par l’empereur Constantin au sein de l’Empire romain, a permis de définir des dogmes essentiels qui continuent d’influencer les chrétiens du monde entier aujourd’hui. Le Credo de Nicée, formulé par près de 200 évêques, est encore récité dans les églises à travers le monde.
Un concile précédant les schismes
Le Concile de Nicée se distingue par son caractère unique : il a réuni, à une époque où les divisions n’étaient pas encore profondes, la quasi-totalité des autorités religieuses de l’époque sous l’égide de l’empereur. « Nicée était le seul concile qui rassemblait à cette époque pratiquement toutes les autorités compétentes de l’Église antique, sous la direction de l’empereur », explique Christian Stoll, théologien catholique de Paderborn et conseiller du Vatican en matière œcuménique.
Les participants ont résolu deux questions majeures. Tout d’abord, ils ont fixé une date commune pour célébrer Pâques, assurant ainsi une unité dans le calendrier liturgique. Ensuite, et surtout, ils se sont accordés sur la nature de Jésus de Nazareth.
Qui était Jésus de Nazareth ?
Les Écritures elles-mêmes présentaient différentes perspectives sur la personne du Christ, ce qui avait engendré de vives controverses théologiques. « Même le Nouveau Testament présente des points de vue différents sur ce point », souligne Christian Stoll, « c’est pourquoi il y a eu plusieurs controverses théologiques dans le monde antique sur ce point. »
À Nicée, il a été affirmé que le Christ pouvait être considéré comme Dieu, une conviction partagée aujourd’hui par toutes les confessions chrétiennes. Le Credo de Nicée proclame ainsi que Jésus-Christ est « le vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, de la même nature que le Père… »
Selon Stoll, cet anniversaire revêt une importance particulière, suscitant de nombreux débats et conférences dans les milieux universitaires et ecclésiastiques. Il observe que lors de nombreux événements œcuméniques cette année, « des chrétiens de traditions très différentes professent ensemble cette foi commune », ce qu’il considère comme un « signe d’unité et de solidarité » dont les sociétés actuelles ont grand besoin.
Le pape François a activement promu la commémoration de cet événement depuis des années, et le pape Léon XIV s’est engagé à poursuivre cet effort. Il rencontrera le patriarche Bartholomée Ier à plusieurs reprises lors de son séjour de trois jours en Turquie, à Iznik et à Istanbul.
Le pape Léon XIV a souligné l’importance de l’unité chrétienne à travers sa devise, « in illo uno unum » (en celui-là nous sommes un), et il entend porter ce message lors de son voyage sur les terres du Concile de Nicée. Il a également consacré une lettre apostolique spécifique à cet anniversaire, insistant sur le témoignage commun des chrétiens : « Ce qui nous unit est en réalité bien plus que ce qui nous divise », a-t-il déclaré.
Selon le pontife, le Symbole de Nicée peut servir de base à la réconciliation entre tous les chrétiens, en offrant un « modèle de véritable unité dans la diversité légitime ». Il plaide pour un « futur œcuménisme de réconciliation par le dialogue ».
Réflexions sur la papauté
Le cardinal Kurt Koch, responsable de l’œcuménisme à la curie romaine, a récemment suggéré dans une interview que la rencontre entre Léon XIV et Bartholomée Ier pourrait ouvrir la voie à une nouvelle compréhension de la papauté, perçue comme un « service à l’unité ».
Cependant, malgré cet élan, le dialogue entre le Vatican et l’Église orthodoxe russe reste au point mort. Le patriarche russe Cyrille, proche du président Vladimir Poutine, soutient ouvertement la guerre en Ukraine et affiche peu d’intérêt pour l’œcuménisme. Le patriarche russe Cyrille a justifié son positionnement en invoquant des considérations politiques. Le pape a appelé le patriarche de Moscou à défendre la paix en Ukraine, mais sans succès.
(ms/el)
