Publié le 11 décembre 2023 07:28:00. Une enquête révèle qu’environ 200 enfants en Europe ont été conçus avec le sperme d’un donneur porteur d’une mutation génétique augmentant considérablement le risque de cancer, certains d’entre eux étant déjà décédés. L’affaire met en lumière les failles potentielles dans la réglementation des banques de sperme et le suivi des dons.
- Environ 200 enfants en Europe sont concernés par cette mutation génétique.
- Le donneur, qui a fait des dons pendant près de 20 ans, avait passé les tests de routine mais la mutation rare n’avait pas été détectée.
- L’enquête révèle des dépassements des limites légales concernant le nombre d’enfants pouvant être conçus à partir du sperme d’un même donneur, notamment en Belgique.
Des oncologues et des généticiens de plusieurs pays européens ont tiré la sonnette d’alarme après avoir constaté un nombre inhabituellement élevé de jeunes enfants atteints de tumeurs rares et multiples. En effectuant des analyses génétiques, ils ont découvert que ces enfants partageaient une mutation du gène TP53, un gène essentiel dans la suppression du développement des cellules cancéreuses.
La coïncidence a conduit les médecins et des journalistes à remonter la piste jusqu’à une banque de sperme danoise, où le donneur anonyme avait effectué des dons pendant une vingtaine d’années. L’analyse du sperme congelé encore conservé a confirmé que la mutation était présente dans environ un cinquième de son sperme. Il est important de noter que la mutation n’affectait qu’une partie des cellules souches germinales, ce qui explique pourquoi seuls certains enfants conçus avec ce sperme sont porteurs de la mutation.
Les enfants concernés sont atteints du syndrome de Li-Fraumeni, une maladie héréditaire qui augmente considérablement le risque de développer un cancer, avec une probabilité d’environ 90 % avant l’âge de 60 ans et d’environ 50 % avant 40 ans. Un dépistage régulier est donc crucial pour détecter et traiter les éventuelles tumeurs le plus tôt possible.
La banque de sperme danoise a cessé d’utiliser le sperme de ce donneur en 2023. L’enquête souligne l’absence de réglementation internationale harmonisée concernant le nombre de dons autorisés par un même individu. Si certains pays imposent des limites, leur application et le suivi des dons transfrontaliers restent complexes. En Belgique, par exemple, l’enquête révèle que 53 enfants sont nés du sperme de ce donneur, alors que la législation limite à six le nombre d’enfants pouvant être conçus avec le sperme d’un même donneur.
Cette affaire relance le débat sur la nécessité d’une meilleure régulation du secteur de la procréation médicalement assistée, notamment en ce qui concerne les tests génétiques effectués sur les donneurs et le suivi des dons afin de garantir la sécurité des futurs enfants et de leurs familles.
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