Publié le 14 janvier 2026. Les autorités singapouriennes durcissent leur contrôle sur les agences d’adoption suite à des allégations de trafic de bébés originaires d’Indonésie, promettant des sanctions sévères pour toute agence impliquée dans des pratiques illégales.
- Les agences d’adoption doivent faire preuve d’une diligence raisonnable accrue concernant l’origine des enfants qu’elles présentent à l’adoption à Singapour.
- Une enquête conjointe entre Singapour et l’Indonésie est en cours concernant un réseau présumé de trafic de bébés.
- Les parents adoptifs concernés par cette affaire pourraient subir des retards dans le traitement de leurs demandes de citoyenneté.
Le ministre d’État chargé du Développement social et familial, Goh Pei Ming, a déclaré au Parlement que les agences d’adoption, bien qu’opérant sur une base commerciale, sont soumises à des directives gouvernementales strictes en matière de vérification de l’origine des enfants. Il a souligné que toute agence qui sciemment introduirait des enfants d’origine douteuse à Singapour s’exposerait à des poursuites.
Cette prise de position intervient après la révélation de rapports concernant un réseau présumé de trafic de bébés indonésiens vers Singapour. La police de Java occidental avait arrêté en juillet 2025 treize personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce trafic, impliquant des dizaines de nouveau-nés. Selon les premières investigations, au moins 25 bébés auraient été concernés, dont 15 auraient été envoyés à Singapour sous couvert d’adoption.
Les ministères de l’Intérieur (MHA) et du Développement social et familial (MSF) ont confirmé le 9 janvier qu’ils collaboraient étroitement avec les autorités indonésiennes pour examiner les allégations. Les parents adoptifs concernés ont signalé des retards dans le traitement de leurs demandes de citoyenneté, en raison de ces enquêtes en cours. Le MSF et l’Autorité de l’immigration et des points de contrôle (ICA) sont en contact direct avec ces familles pour les informer de la situation.
La députée du Parti des travailleurs, Sylvia Lim, a interpellé le gouvernement sur le nombre d’adoptions actuellement examinées et sur les mesures prises pour aider les familles concernées à obtenir des réponses rapidement. Elle a exprimé l’angoisse de ses administrés, soulignant que certains s’occupent déjà de ces enfants depuis plus d’un an et que cette incertitude est une source de grande souffrance.
« Cela fait déjà plus d’un an qu’ils s’occupent de ces bébés, et cette incertitude est pour eux une torture. »
Sylvia Lim, députée du Parti des travailleurs
M. Goh a précisé que le MSF ne pouvait pas divulguer le nombre exact de dossiers d’adoption en cours d’examen ni le calendrier précis des enquêtes, compte tenu de la complexité de l’affaire et de la nécessité de collaborer avec les autorités indonésiennes. Il a toutefois assuré que le ministère s’efforçait de traiter les dossiers « aussi rapidement que possible ».
Il a également rappelé que les agences d’adoption sont tenues de respecter des procédures strictes pour garantir que les enfants proposés à l’adoption proviennent de sources légitimes et que leur origine est clairement établie. Il a insisté sur la responsabilité des parents adoptifs de s’assurer que toutes les lois en vigueur, tant à Singapour que dans le pays d’origine de l’enfant, sont respectées.
En réponse à une question de Mme Lim sur la possibilité de couvrir les frais de scolarité des enfants concernés, en attendant la résolution de leur situation en matière de citoyenneté, M. Goh a expliqué que les procédures d’adoption et de citoyenneté relèvent de cadres juridiques distincts. Il a rappelé que l’obtention de la citoyenneté n’est pas automatique après une adoption et que le processus peut prendre jusqu’à 12 mois.
Le MHA et le MSF ont réaffirmé leur compréhension de l’anxiété causée par cette situation aux parents adoptifs et ont indiqué que les familles ayant besoin d’une aide financière peuvent se tourner vers les bureaux des services sociaux.
Plus d’informations sur les rapports concernant le réseau de trafic présumé.
