Publié le 28 décembre 2025 16h40. Derrière les alléchantes promesses de produits « naturels » et « sains », se cache souvent une quantité insoupçonnée de sucre ajouté, un danger pour la santé publique que les fabricants semblent parfois ignorer.
- La consommation excessive de sucre est liée à des maladies cardiaques, à l’obésité et au diabète.
- Les entreprises alimentaires ont contourné les nouvelles réglementations sur l’étiquetage du sucre en utilisant des alternatives qui ne sont pas considérées comme des « sucres ajoutés ».
- Les experts recommandent de lire attentivement les étiquettes nutritionnelles et de limiter sa consommation de sucre, même dans les produits perçus comme sains.
De plus en plus de consommateurs se tournent vers des alternatives présentées comme plus saines : granola « entièrement naturel » enrichi en protéines, yaourts allégés « à base de vrais fruits », laits végétaux « biologiques » ou encore smoothies « superaliments » en bouteille. Pourtant, une étude récente révèle que ces produits, souvent mis en avant par un marketing habile, peuvent cacher une teneur en sucre alarmante.
Selon Nicole Avena, professeure de neurosciences et de psychiatrie à la Mount Sinai Medical School et à l’Université de Princeton, les sucres ajoutés sont difficiles à repérer pour le consommateur. Elle explique que certaines marques sont conscientes de l’évolution des habitudes et de la prise de conscience des dangers liés au sucre, mais que « beaucoup de grandes marques ne se soucient pas tellement de la santé des gens ».
L’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter sa consommation de sucres ajoutés à moins de 10 % de l’apport calorique quotidien total. Aux États-Unis, la consommation moyenne est de 17 grammes par jour, soit l’équivalent de 57 livres (26 kilogrammes) par an, selon l’American Heart Association. Une part importante de ce sucre provient des boissons, mais on le retrouve également dans les céréales, les sauces préparées, les produits laitiers et même certains pains à grains entiers.
Depuis 2021, les entreprises alimentaires sont tenues d’indiquer la quantité de sucres ajoutés séparément de la teneur totale en sucre sur les étiquettes nutritionnelles. Cependant, cette mesure a eu un effet pervers : les fabricants ont réduit l’utilisation de sucres traditionnels comme le sucre de betterave raffiné et le sirop de maïs à haute teneur en fructose, mais ont remplacé ces ingrédients par des alternatives comme le fruit du moine et l’érythritol, qui ne sont pas classés comme « sucres ajoutés » par la FDA (Food and Drug Administration). Résultat, comme le souligne Nicole Avena, « maintenant, nos aliments sont encore plus sucrés qu’ils ne l’étaient en 2020 ».
Collin Popp, diététiste et professeur à NYU Langone Health, estime que la recommandation actuelle de la FDA est trop permissive. Il préconise de ne tirer que 5 % ou moins de ses calories du sucre ajouté, voire moins encore pour les personnes atteintes de diabète ou de prédiabète.
La clé, selon M. Popp, est de porter une attention particulière à ce que l’on mange, même si le produit semble sain ou porte une mention « biologique ». Les noix grillées, les laits végétaux et même les pois wasabi peuvent contenir des quantités surprenantes de sucres ajoutés. Il en va de même pour les muffins anglais et le yaourt grec. Par exemple, un yaourt aux cerises noires Chobani ne contient aucun gramme de matières grasses, mais 9 grammes de sucre ajouté, soit plus de 2 cuillères à café. Un verre de lait d’amande de la marque Silk en contient 7.
M. Popp recommande de contrôler la quantité de sucre dans ses aliments, par exemple en achetant du yaourt nature et en ajoutant du miel ou des baies, ou en demandant à son barista d’ajouter son propre lait d’avoine dans son café.
Il est également important de ne pas se fier aux édulcorants artificiels, tels que la stévia et les alcools sucrés, qui ne sont pas forcément plus sains. Nicole Avena explique que ce sont les saveurs sucrées qui activent le centre de récompense du cerveau, et non le sucre lui-même. Elle nuance toutefois cette affirmation en soulignant que certaines alternatives au sucre, comme l’allulose, peuvent être bénéfiques pour les personnes atteintes de diabète de type 1, car elles n’affectent pas la glycémie.
En conclusion, il est essentiel de minimiser sa dépendance au goût sucré des aliments pour améliorer sa santé. Comme le souligne Nicole Avena, « Ne laissez pas les entreprises alimentaires décider de la quantité de sucre que vous consommez ».
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