Publié le 18 janvier 2026 07h38. L’Union européenne se prépare à une réunion d’urgence après que l’ancien président américain Donald Trump a menacé d’imposer de lourds droits de douane sur plusieurs pays européens, liant ces mesures à une demande controversée : l’achat du Groenland par les États-Unis.
- Donald Trump menace d’imposer des droits de douane progressifs (de 10 % à 25 %) sur les importations en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande.
- Ces droits de douane seraient maintenus jusqu’à ce que les États-Unis parviennent à acquérir le Groenland.
- Les réactions européennes sont vives, plusieurs dirigeants condamnant la menace et promettant une réponse coordonnée.
Les ambassadeurs des 27 pays membres de l’Union européenne se réuniront aujourd’hui en urgence pour discuter de la réponse à apporter à cette initiative inattendue. Chypre, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, a convoqué cette réunion qui débutera à 17h00 (16h00, heure irlandaise). Les diplomates européens s’attendent à des discussions animées sur les options possibles.
Dans une publication sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a annoncé l’imposition de droits de douane de 10 % sur toutes les marchandises provenant des pays mentionnés à partir du 1er février 2026, ces taux devant ensuite augmenter à 25 % le 1er juin 2026. Il a justifié cette décision en liant directement ces mesures à l’acquisition du Groenland, affirmant que les droits de douane resteraient en vigueur
« jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour l’achat complet et total du Groenland. »
Donald Trump, ancien président américain
M. Trump a également dénoncé une attitude « très dangereuse » de la part de ces pays, mettant en avant la nécessité de « protéger la paix et la sécurité mondiales ». Il n’a cependant pas précisé quel fondement juridique il invoquerait pour imposer ces droits de douane potentiels.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a immédiatement réagi, avertissant que cette menace de droits de douane risquait de déstabiliser les relations transatlantiques et d’engager une « dangereuse spirale descendante ». Elle a souligné l’unité européenne face à cette situation :
« L’Europe restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté. »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a également condamné fermement cette menace, annonçant que le Royaume-Uni soulèverait la question directement avec Washington. Il a estimé que l’imposition de droits de douane sur des alliés dans le cadre d’une alliance de sécurité collective comme l’OTAN était « totalement erronée ». Sur X (anciennement Twitter), il a rappelé que
« Notre position sur le Groenland est très claire : il fait partie du Royaume du Danemark et son avenir est l’affaire des Groenlandais et des Danois. »
Keir Starmer, Premier ministre britannique
Il a également souligné l’importance de la sécurité dans l’Arctique pour l’ensemble de l’OTAN.
Le président français Emmanuel Macron a qualifié la menace concernant le Groenland d’« inacceptable », assurant que l’Europe réagirait de manière coordonnée si cette menace se concrétisait. Dans un message publié sur X, il a affirmé :
« Aucune intimidation ni menace ne nous influencera, ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs dans le monde lorsque nous serons confrontés à de telles situations. »
Emmanuel Macron, président français
Cette nouvelle escalade pourrait compromettre les accords de principe conclus l’année dernière entre Donald Trump, l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui prévoyaient des droits de douane de base de 15 % sur les importations européennes et de 10 % sur la plupart des produits britanniques. William Reinsch, expert en commerce au Centre d’études stratégiques et internationales, met en garde contre le risque que cette décision incite le Parlement européen à rejeter l’accord commercial avec les États-Unis, estimant que M. Trump contourne déjà les termes de cet accord. Pourquoi l’Europe a tracé une ligne dans la neige au Groenland
Donald Trump avait déjà évoqué l’idée de droits de douane sur le Groenland vendredi dernier, sans toutefois fournir de justification légale. L’utilisation de droits de douane comme levier de négociation est une tactique fréquemment employée par l’ancien président américain pour contraindre ses interlocuteurs. Il avait également menacé cette semaine d’imposer des droits de douane de 25 % sur les pays commerçant avec l’Iran, sans que cette politique ne soit officiellement documentée par la Maison Blanche.
La légalité des droits de douane massifs imposés par Donald Trump fait actuellement l’objet d’un examen par la Cour suprême des États-Unis, dont la décision pourrait avoir des conséquences majeures sur l’économie mondiale et les pouvoirs du président américain. M. Trump a justifié son intérêt pour le Groenland par la présence croissante de la Chine et de la Russie dans la région, soulignant l’importance stratégique du territoire. Les autorités danoises et européennes rappellent toutefois que le Groenland est déjà couvert par le pacte de sécurité collective de l’OTAN. Des manifestations ont eu lieu au Danemark et au Groenland pour dénoncer les demandes de M. Trump et réaffirmer le droit du territoire à déterminer son propre avenir.