Home AffairesLes pères centristes n’ont pas besoin de postuler pour rejoindre le dernier projet de Paddy Cosgrave – The Irish Times

Les pères centristes n’ont pas besoin de postuler pour rejoindre le dernier projet de Paddy Cosgrave – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 18 janvier 2024 06:00:00. Dublin s’apprête à accueillir une librairie singulière, imaginée par le fondateur du Web Summit, Paddy Cosgrave, qui promet un lieu de rencontre entre littérature, technologie et idées radicales, tandis qu’aux États-Unis, un jeu de société controversé revisite les horreurs de la Grande Famine irlandaise.

  • Paddy Cosgrave ouvre une librairie à Dublin, The Whistleblower, avec des espaces dédiés à la lecture, au coworking et aux événements, et un clin d’œil assumé aux figures de la pensée marxiste.
  • Un jeu de société américain, « The Great Hunger », simule la tragédie de la famine irlandaise du XIXe siècle, suscitant l’indignation.
  • Airbnb recherche un responsable mondial de la gestion des crises, témoignant d’un monde en proie à des instabilités croissantes.

Dublin s’apprête à voir éclore un nouveau lieu de culture et de débat avec l’ouverture de The Whistleblower, la dernière initiative de Paddy Cosgrave, fondateur du Web Summit. L’entrepreneur promet un espace de 5 étages dédié à la littérature, à la caféine et aux « grandes idées », comprenant des salles de lecture, des espaces de coworking, des studios de podcast et, bien sûr, une librairie riche en ouvrages sur la technologie, la politique et la science-fiction.

L’originalité du projet ne s’arrête pas à son concept. Une image dévoilée par Cosgrave sur X (anciennement Twitter) en novembre 2023 révélait une signalétique pour les différentes salles, avec des noms pour le moins évocateurs : salle de réunion Fidel Castro, bureau de Vladimir Lénine, salle de réunion Clara Zetkin, salle de réunion du Politburo, bureau d’Assata Shakur, salle de lecture Deng Xiaoping, salle du peuple, salle de lecture Zhou Enlai, café Xi Jinping, studio Thomas Sankara et studio Rosa Luxembourg. Un camaïeu de rouge qui ne laisse aucun doute sur l’orientation politique du lieu.

The Whistleblower rejoindra ainsi les librairies dublinoises telles que Hodges Figgis, Dubray, Eason et Ulysses Rare Books, tout en se distinguant par son positionnement idéologique. La librairie communiste Connolly Books, basée à Temple Bar, s’est déjà dite enthousiaste à l’égard de ce projet, notamment en saluant l’hommage rendu à Thomas Sankara, le leader révolutionnaire assassiné du Burkina Faso.

Cosgrave a également annoncé une particularité tarifaire : le café sera gratuit pour les lanceurs d’alerte et coûtera 10 euros pour les « papas centristes », une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir. Des postes de directeur général et de barista sont actuellement ouverts sur la page Carrières du Web Summit, mais il est peu probable que les pères centristes soient retenus.

Parallèlement, une autre nouvelle, plus controversée, fait son apparition. Un jeu de société américain, intitulé « The Great Hunger : The Irish Tragedy of the 19th Century », propose de revivre la Grande Famine irlandaise. Selon les informations révélées, ce jeu permet à deux à cinq joueurs d’incarner des familles de fermiers et d’ouvriers agricoles, sur une carte de l’Irlande inspirée du jeu Risk. Le jeu simule l’essor démographique grâce à la pomme de terre, avant l’arrivée du Phytophthora infestans, l’organisme responsable du mildiou, qui ravagera les récoltes.

Pour de nombreux Irlandais, cette période de l’histoire est marquée par un traumatisme profond. Entre 1841 et 1851, la population de l’île est passée de 8,2 millions à 6,6 millions d’habitants, en raison de la famine, des maladies et de l’émigration. Cet événement a profondément transformé la démographie, le paysage, la politique et la culture irlandaise, comme le souligne l’Irish Times dans un article récent.

Le jeu propose aux joueurs de survivre aux événements désastreux de la fin des années 1840, en trouvant un emploi dans les usines ou en émigrant vers l’Amérique, via un bateau à six couchettes représenté sur la carte. Le joueur ayant les origines irlandaises les plus proches, ou à défaut celui dont le nom est le plus irlandais, commence la partie. Les règles ne précisent pas comment départager les joueurs ayant tous des noms à consonance irlandaise, ni comment classer les noms de famille gaéliques écossais, comme McDonald. Il faudra donc probablement tirer au sort.

Le jeu se termine lorsque le fléau s’atténue, et la victoire est attribuée à la famille ayant la plus grande population survivante en Irlande et en Amérique. « The Great Hunger » est actuellement en financement participatif sur Kickstarter, où il est proposé à environ 47 euros plus 49 euros de frais de port, soit le prix d’environ 9,5 sacs de pommes de terre.

Enfin, pour ceux qui seraient à la recherche d’un emploi stimulant, Airbnb, la plateforme internationale de réservation de locations de courte durée, recrute un « coordonnateur mondial de la gestion des crises et des réponses aux catastrophes ». Le poste, basé en partie en Irlande, implique de surveiller les incidents et les événements à l’échelle mondiale, d’évaluer leur impact potentiel sur Airbnb, et de coordonner les réponses aux catastrophes. Le salaire proposé est de 60 000 euros par an.

Enfin, un dernier détournement d’attention : l’histoire d’un Américain, Seamus Blackley, inventeur de la Xbox, qui a récemment fait parler de lui en cuisinant du pain au levain à partir de levure extraite de poteries égyptiennes anciennes. Un projet fascinant qui le vaut le surnom de « gastroégyptologue ». Mais ce qui intrigue le plus, c’est son prénom : Seamus, qui ne laisse transparaître aucune trace de ses origines irlandaises. Interrogé à ce sujet, Blackley a révélé qu’il avait été surnommé Seamus par ses collègues de Looking Glass, un studio de développement de jeux vidéo.

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