Home AffairesLes apprentissages en Irlande deviennent « pratiquement impossibles »

Les apprentissages en Irlande deviennent « pratiquement impossibles »

by Amélie Bernard

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Face à une pénurie croissante de professionnels qualifiés dans le bâtiment, des solutions innovantes sont proposées pour faciliter l’accès aux métiers manuels et garantir la qualité des interventions auprès des particuliers.

  • Un nouveau modèle d’apprentissage, “Trade Path”, permettra aux apprentis de changer d’employeur plus facilement.
  • L’instauration d’un système de licence obligatoire pour certains corps de métiers est envisagée, sur le modèle australien.
  • Un financement de 21 milliards d’euros pourrait être alloué à la formation professionnelle dans le secteur de la construction.

La difficulté d’obtenir un contrat d’apprentissage est un frein majeur pour les jeunes souhaitant s’orienter vers les métiers du bâtiment. C’est le constat dressé par plusieurs acteurs du secteur, qui pointent du doigt l’évolution du paysage de la construction et la diminution du nombre d’entreprises capables de garantir une formation complète sur quatre ans.

« Le secteur de la construction a considérablement changé par rapport à ce qu’il était il y a vingt ans », explique Ahern. « Aujourd’hui, il y a très peu de constructeurs. » Cette situation rend difficile pour de nombreux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires pour exercer un métier qualifié.

Pour pallier ce problème, le modèle “Trade Path” a été développé. Il permet aux sous-traitants d’embaucher des apprentis pour des périodes plus courtes, généralement six mois, puis de les faire évoluer au sein de différentes entreprises. « Nous essayons de mettre en place ce système dès les premiers niveaux pour que davantage de jeunes puissent accéder à de petites entreprises et obtenir une qualification », précise Ahern.

Au-delà de l’apprentissage, la question de la reconnaissance des compétences est soulevée. Contrairement aux plombiers et aux électriciens, qui sont tenus d’être qualifiés et enregistrés, de nombreux autres corps de métiers, comme les couvreurs, exercent sans contrôle particulier. Ahern plaide pour un système de licence obligatoire, inspiré du modèle australien, où toute personne réalisant des travaux dépassant 5 000 € doit être titulaire d’une licence délivrée par l’État. Cela permettrait de protéger les propriétaires et de garantir des conditions de travail équitables.

Shannon Conroy, propriétaire de Mac An Rí, souligne l’absence de filières d’apprentissage formelles dans certains métiers.

« Il est très difficile de former quelqu’un lorsqu’il n’est pas certifié et, au final, il n’en retirera rien. »

Shannon Conroy, propriétaire de Mac An Rí

Cette lacune oblige les employeurs à assumer seuls les coûts de la formation et à réparer les erreurs.

L’octroi de licences est donc perçu comme un élément essentiel pour créer un environnement d’apprentissage équilibré. « Tout le monde serait sur le même pied d’égalité », insiste Ahern. Il propose également d’affecter 21 milliards d’euros au secteur de la construction pour financer la formation professionnelle, permettant ainsi aux petites entreprises d’investir dans la formation des jeunes travailleurs.

Malgré les défis, Ahern se montre optimiste quant à l’avenir. « Nous pouvons fournir tous les formateurs nécessaires », assure-t-il, convaincu qu’avec une approche coordonnée, l’industrie peut élargir les opportunités d’apprentissage, améliorer les normes de qualification et protéger à la fois les travailleurs et le public.

Ouvriers de la construction fixant des tuiles
Ouvriers de la construction fixant des tuiles, avec des outils de toiture, des perceuses électriques utilisées sur les toits dans des kits de sécurité pour la sécurité.

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