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Rubio rencontrera les dirigeants danois la semaine prochaine au milieu du conflit au Groenland

by Clara Dubois

Publié le 8 janvier 2026 à 06h36. L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, continue de susciter l’inquiétude en réaffirmant son intérêt pour l’acquisition du Groenland, allant jusqu’à évoquer une intervention militaire, une perspective fermement rejetée par le Danemark et ses alliés.

  • Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a confirmé que l’achat du Groenland reste un objectif, sans exclure une action militaire.
  • Les pays européens et le Canada se sont alignés sur le Danemark pour défendre la souveraineté groenlandaise.
  • Des inquiétudes grandissantes existent quant à l’impact d’une telle action sur la cohésion de l’OTAN.

La volonté de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland, une île autonome faisant partie du royaume du Danemark, n’est pas nouvelle. Déjà en 2019, il avait exprimé son intérêt pour cette acquisition, justifiée par des considérations stratégiques et économiques. L’île, située entre l’Europe et l’Amérique du Nord, occupe une position clé pour le système de défense antimissile américain et recèle d’importantes ressources minières, notamment des terres rares, dont les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine.

Malgré l’existence de deux traités, signés en 1951 et 2023, accordant à l’armée américaine un accès quasi illimité au Groenland, l’administration Trump estime que le Danemark n’assure pas une protection suffisante de l’île. Marco Rubio a déclaré que le président Trump conserve toutes les options, y compris une intervention militaire, pour atteindre son objectif.

« En tant que diplomate, ce que je suis maintenant et sur quoi nous travaillons, nous préférons toujours régler le problème de différentes manières, y compris au Venezuela. »

Marco Rubio, secrétaire d’État américain

Cette attitude a provoqué des réactions vives au Congrès américain, où des sénateurs démocrates et républicains ont annoncé leur intention de voter une législation visant à limiter la capacité de M. Trump à agir unilatéralement. Le sénateur républicain Mitch McConnell a qualifié les menaces américaines d’« inconvenantes et contre-productives », soulignant qu’une prise de force du Groenland serait un « acte d’automutilation stratégique » pour les États-Unis.

La Maison Blanche a confirmé que l’acquisition du Groenland est activement discutée, mais a insisté sur la préférence pour une solution diplomatique. La secrétaire de presse Karoline Leavitt a déclaré que « toutes les options sont toujours sur la table pour le président Trump… la première option du président a toujours été la diplomatie ». Des sources proches des discussions ont révélé que l’achat de l’île serait l’objectif privilégié.

Face à cette situation, les pays européens et le Canada se sont ralliés au Danemark. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé son soutien au Danemark après un entretien téléphonique avec Donald Trump. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé qu’il discuterait de la question avec ses homologues allemand et polonais. L’Allemagne travaille en étroite collaboration avec ses partenaires européens et le Danemark pour définir une réponse coordonnée. Le Taoiseach irlandais Michael Martin a également réaffirmé le soutien de l’Union européenne au Danemark, soulignant que le Groenland « fait partie du Danemark et l’Union européenne est solide comme le roc derrière le Danemark ».

Le Groenland, dont la population est d’environ 57 000 habitants, n’est pas un membre indépendant de l’OTAN, mais est couvert par l’adhésion du Danemark. Johannes Koskinen, président de la commission des affaires étrangères du parlement finlandais, a appelé à une discussion au sein de l’OTAN pour déterminer si des mesures doivent être prises pour encadrer l’action américaine.

Les autorités groenlandaises, quant à elles, réaffirment leur opposition à toute tentative d’annexion. Aaja Chemnitz, députée groenlandaise au parlement danois, a déclaré à Reuters que « le Groenland n’a jamais été à vendre et ne le sera jamais », qualifiant l’éventualité d’une intervention militaire américaine de « complètement épouvantable ». Elle a également contesté les affirmations de Donald Trump concernant la présence de navires russes et chinois dans les eaux groenlandaises, des allégations que le Danemark dément fermement. Les données de suivi des navires ne confirment aucune présence significative de navires chinois ou russes à proximité de l’île.

Les ministres danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, et groenlandais, Vivian Motzfeldt, ont demandé une réunion urgente avec Marco Rubio pour discuter de la situation et plaider pour un dialogue plus constructif.

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