Publié le 12 octobre 2025 à 16h30. Les associations de lutte contre le cancer de la prostate s’inquiètent d’une possible décision défavorable du gouvernement britannique concernant la mise en place d’un premier programme national de dépistage, craignant une déception profonde pour les hommes et leurs familles.
- Le Comité national de dépistage (NSC) doit rendre ses recommandations le mois prochain sur l’opportunité d’introduire un dépistage systématique du cancer de la prostate.
- Les experts estiment que les bénéfices potentiels des tests sanguins de routine pourraient ne pas dépasser les risques liés au surdiagnostic.
- Une étude à grande échelle, « Transform », menée par Prostate Cancer UK, vise à fournir de nouvelles données pour étayer la décision du NSC.
La perspective d’un rejet de la proposition par le NSC suscite de vives réactions parmi les associations caritatives et les patients. Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes au Royaume-Uni, avec 55 300 nouveaux cas et 12 200 décès chaque année. Contrairement au cancer du sein ou colorectal, il n’existe actuellement aucun programme de dépistage national, en raison des doutes quant à la fiabilité du test de l’antigène prostatique spécifique (PSA). Cependant, les hommes de plus de 50 ans peuvent demander un test PSA à leur médecin généraliste, et ce seuil est abaissé à 45 ans pour les hommes noirs, plus susceptibles de développer la maladie.
Plusieurs personnalités publiques, dont Chris Hoy, atteint d’un cancer de la prostate en phase terminale, ont récemment fait campagne pour un accès plus large aux tests de dépistage. Laura Kerby, directrice générale de Prostate Cancer UK, a exprimé sa profonde inquiétude face à une éventuelle décision négative du NSC.
« Si ces informations se confirment, ce sera un coup dur pour les dizaines de milliers d’hommes, de proches et de familles qui se sont battus pour un programme de dépistage. Nous savons qu’un programme sûr et efficace pourrait sauver la vie de milliers d’hommes. »
Laura Kerby, directrice générale de Prostate Cancer UK
Prostate Cancer UK mène actuellement une étude majeure, baptisée « Transform » (essai de 42 millions de livres sterling), qui évaluera différentes méthodes de dépistage afin de concevoir un programme national optimal. Les premiers résultats sont attendus dans deux ans. L’association caritative insiste sur le fait qu’un refus du NSC ne doit pas être interprété comme une excuse pour l’inaction et demande une mise à jour des directives du NHS afin de permettre aux médecins généralistes de proposer plus proactivement des tests PSA aux hommes.
Le test PSA mesure le taux d’une protéine spécifique qui peut être élevée en cas de cancer de la prostate. Cependant, il présente des limites, notamment un risque de faux positifs et une incapacité à détecter certains cancers agressifs, ce qui peut conduire à des traitements inutiles et à des effets secondaires tels que l’incontinence ou la dysfonction érectile.
Rupert Crowfoot, 57 ans, a témoigné de son expérience personnelle. Diagnostiqué à un stade avancé après une conversation fortuite avec un ami, il estime qu’un dépistage précoce aurait pu lui sauver la vie.
« Je ne doute pas que le dépistage m’aurait sauvé la vie, et je connais beaucoup d’hommes qui diraient la même chose. Mon cancer de la prostate a été découvert trop tard, ce qui a nécessité une intervention chirurgicale lourde et des effets secondaires difficiles. Ma vie a été raccourcie par cette maladie. »
Rupert Crowfoot, patient atteint d’un cancer de la prostate
En attendant la mise en place d’un programme de dépistage national, Prostate Cancer UK plaide pour un renforcement des efforts de sensibilisation et une meilleure information des médecins généralistes sur les risques et les bénéfices des tests PSA. L’association souligne que chaque jour d’attente peut coûter des vies.
Prostate Cancer UK propose des informations sur les tests PSA et les alternatives disponibles (Pourquoi le dépistage du cancer de la prostate n’est pas une évidence).
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