Les poursuites pénales visant l’ancien directeur du FBI, James Comey, ont été abandonnées vendredi, suite à des irrégularités majeures dans la procédure suivie par le grand jury. Les avocats de M. Comey dénoncent une volonté politique de le poursuivre, orchestrée par l’ancien président Trump.
L’abandon intervient après que Lindsey Halligan, procureure américaine par intérim, ait admis devant un juge que le grand jury n’avait pas examiné l’acte d’accusation final, mais une version antérieure rejetant une des accusations. Selon la défense, cette erreur est symptomatique d’une procédure biaisée.
« Ces erreurs reflètent la nature imprudente et mal conçue de cette poursuite : un président déterminé à poursuivre M. Comey avant l’expiration du délai de prescription a ordonné la nomination d’une assistante de la Maison Blanche, Lindsey Halligan, au poste de procureur américain par intérim, et elle s’est ensuite empressée d’obtenir un acte d’accusation tout en violant de manière flagrante les règles fondamentales du grand jury dans le processus », ont affirmé les avocats de Comey, plaidant pour un double abandon des charges.
Les procureurs fédéraux avaient initialement tenté de rectifier le tir jeudi, affirmant que le grand jury avait bien examiné l’acte d’accusation. Cependant, la défense a contesté cette affirmation, la qualifiant de contradictoire et basée sur une interprétation douteuse d’un échange entre le président du grand jury et le juge.
Les avocats de Comey soulignent également des manquements de Lindsey Halligan devant le grand jury, notamment des déformations de la loi, l’utilisation de preuves obtenues par des mandats de perquisition contestables et la divulgation d’informations protégées par le secret professionnel de l’avocat.
James Comey avait plaidé non coupable en octobre dernier pour des accusations de fausses déclarations et d’entrave à une procédure du Congrès, liées à son témoignage devant la commission judiciaire du Sénat en 2020. Ces poursuites interviennent dans un contexte de critiques virulentes à l’égard d’une supposée campagne de représailles menée par l’ancien président Trump contre ses adversaires politiques.
Le vice-président JD Vance a déclaré que ces poursuites étaient « motivées par la loi et non par la politique ». Lindsey Halligan, nommée par Trump au poste de procureure américaine pour le district oriental de Virginie, avait insisté pour engager des poursuites contre Comey, malgré l’opposition des procureurs de carrière. L’ancien procureur américain, Erik Siebert, aurait d’ailleurs résisté à cette initiative, ainsi qu’à des poursuites contre la procureure générale de New York, Letitia James.
Selon des sources, Trump avait publiquement appelé à l’inculpation de Comey, James et du représentant Adam Schiff sur les réseaux sociaux, exhortant la procureure générale Pam Bondi à agir « MAINTENANT !!! ». Halligan, sans expérience préalable en tant que procureur, avait alors demandé l’inculpation.
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