Publié le 9 janvier 2026 à 15h47. Une étude révèle un lien potentiel entre une bactérie responsable des caries dentaires et le développement de la maladie de Parkinson, ouvrant de nouvelles pistes de recherche sur les origines de cette maladie neurodégénérative.
- La bactérie Streptococcus mutans, bien connue pour son rôle dans la formation des caries, pourrait influencer le développement de la maladie de Parkinson.
- Des métabolites produits par cette bactérie dans l’intestin pourraient atteindre le cerveau et endommager les cellules nerveuses dopaminergiques.
- Des concentrations plus élevées de ces métabolites ont été détectées chez des patients atteints de la maladie de Parkinson par rapport à des personnes en bonne santé.
La maladie de Parkinson, l’une des affections neurodégénératives les plus répandues au monde, a longtemps été étudiée sous l’angle du système nerveux central. Cependant, de nouvelles recherches suggèrent que des facteurs externes, notamment la flore intestinale, pourraient jouer un rôle crucial dans son développement. Une équipe de chercheurs sud-coréens a mis en évidence un lien potentiel entre la présence de la bactérie Streptococcus mutans et l’apparition de la maladie.
Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Nature Communications, reposent sur l’analyse d’échantillons sanguins de patients atteints de la maladie de Parkinson et sur des expériences menées sur des souris. Les chercheurs ont constaté que les patients atteints de Parkinson présentaient une composition de la flore intestinale différente de celle des personnes en bonne santé, et plus particulièrement une concentration accrue de Streptococcus mutans dans leurs intestins.
L’étude a identifié une substance particulière, le propionate d’imidazole, produite par la bactérie lors de la décomposition d’un acide aminé spécifique. Cette substance est capable de traverser la barrière intestinale et d’atteindre le cerveau, où elle affecte les cellules nerveuses productrices de dopamine, celles-mêmes touchées par la maladie de Parkinson. Les expériences sur les animaux ont démontré qu’une concentration élevée de propionate d’imidazole était associée à des dommages plus importants à ces cellules nerveuses, ainsi qu’à des troubles du mouvement, des problèmes de coordination et une inflammation cérébrale.
Une voie de signalisation impliquée dans les dommages neuronaux
Les chercheurs ont également identifié un mécanisme précis par lequel le propionate d’imidazole exerce son effet néfaste. Il active une voie de signalisation appelée mTORC1, qui régule la croissance et le métabolisme des cellules. Une stimulation continue de cette voie induit un stress cellulaire et contribue à la mort des neurones dopaminergiques. En bloquant cette voie de signalisation, les chercheurs ont pu atténuer les dommages neuronaux observés dans les expériences sur les animaux.
La spécificité des dommages causés par le propionate d’imidazole est également frappante. Les cellules nerveuses productrices de dopamine situées dans le mésencéphale sont particulièrement vulnérables, tandis que d’autres régions du cerveau, comme le cortex ou l’hippocampe, restent relativement épargnées. Ce type de lésions correspond précisément à ce que les médecins observent chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.
Des preuves issues de l’étude d’échantillons humains
En complément des expériences sur les animaux, l’équipe de recherche a analysé des échantillons de sang provenant de 65 patients atteints de la maladie de Parkinson et de 65 personnes en bonne santé du même âge. Les résultats ont révélé des concentrations significativement plus élevées de propionate d’imidazole dans le groupe des patients. La plupart des participants à l’étude ne souffraient pas de diabète, une condition qui peut également augmenter les niveaux de cette substance, renforçant ainsi le lien avec la maladie de Parkinson.
« Notre étude fournit une compréhension mécaniste de la façon dont les microbes oraux présents dans l’intestin peuvent influencer le cerveau et contribuer au développement de la maladie de Parkinson. »
Ara Koh, responsable de l’étude
Ces découvertes soulignent l’importance de considérer la santé bucco-dentaire comme un élément d’un système plus vaste, reliant la bouche au cerveau via l’intestin. Des modifications de la flore buccale pourraient ainsi avoir des conséquences indirectes sur le fonctionnement du système nerveux. Il est important de noter que ces résultats ne signifient pas que la carie dentaire provoque directement la maladie de Parkinson, ni que toute personne porteuse de cette bactérie tombera malade. L’interaction entre la quantité de bactéries, leur activité et les facteurs individuels semble être déterminante.
Cet article a été créé en collaboration avec le magazine de connaissances SMART UP NEWS
Faits intéressants sur la santé et la nutrition, les nouvelles technologies, les questions environnementales et climatiques ainsi que la psychologie et le mode de vie – smartup-news.de. Plus intelligent chaque jour.
À lire aussi
