Publié le 3 novembre 2025 à 10h28. Des chercheurs ont découvert que les bactéries utilisent des virus géants pour diffuser leurs propres mécanismes de défense, révélant une nouvelle stratégie dans la lutte constante entre les bactéries et leurs prédateurs viraux.
- Absorption d’éléments génétiques mobiles de l’environnement par Pseudomonas fluorescens, notamment des gènes de défense contre les phages.
- La présence de ces éléments est répandue chez Pseudomonas et d’autres genres bactériens, y compris Vibrio cholerae, l’agent responsable du choléra.
- Un transfert inédit d’un élément génétique, I55, via un phage géant, agissant comme un satellite viral.
Une équipe de l’Institut Max Planck de biologie évolutive a mis en évidence un mécanisme surprenant par lequel les bactéries acquièrent et propagent des gènes de résistance aux virus. L’étude, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), révèle que les bactéries peuvent exploiter des virus géants, appelés phages géants, pour diffuser leurs propres systèmes de défense.
L’expérience a consisté à exposer une bactérie commune à un filtrat stérile de compost de jardin. Les chercheurs ont observé que la bactérie absorbait plusieurs éléments d’ADN inconnus jusqu’alors, chacun contenant des gènes lui permettant de se protéger contre les infections par les phages. Plus étonnant encore, l’un de ces éléments, baptisé I55, s’est propagé via un phage géant, constituant l’un des premiers exemples connus d’un phage satellite exploitant un virus de cette taille.
Cet élément ne se contente pas de se propager grâce au phage, il protège également la bactérie hôte grâce à un système de restriction-modification, permettant ainsi à la bactérie d’utiliser la machinerie virale à son avantage. « Lorsque la séquence d’un phage géant est apparue, tout s’est mis en place », explique Yansong Zhao. « Cela explique comment un élément aussi volumineux peut se déplacer entre les cellules. »
« Cette découverte souligne à quel point la nature recèle encore de nombreuses surprises », ajoute Paul Rainey. « Même dans une petite quantité de compost de jardin, il existe des interactions que nous ne commençons tout juste à comprendre. »
Cette étude met en lumière la diversité cachée de l’ADN mobile dans l’environnement et pourrait, à terme, conduire au développement de nouveaux outils biotechnologiques permettant de transférer de grandes régions génétiques entre les bactéries.
Publication originale :
Y. Zhao, Y. Ma, C. Vasileiou, AD Farr, DW Rogers et PB Rainey, Transduction médiée par les phages géants des îlots génomiques, Proc. Natl. Acad. Sci. États-Unis 122 (44) e2512465122 (2025).
Pour en savoir plus :
https://www.evolbio.mpg.de/3839952/news_publication_25645851_transferred?c=5697
Critères de ce communiqué :
Journalistes
Biologie
transrégional, national
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Les éléments génétiques mobiles utilisent un phage géant pour effectuer le transfert entre les cellules bactériennes. Source : Yansong Zhao. Copyright : L’image a été créée avec Biorender.com et éditée avec ChatGPT.