Home MondeLes banques irlandaises et les opérateurs de distributeurs automatiques ont mis en garde contre d’éventuelles violations des sanctions

Les banques irlandaises et les opérateurs de distributeurs automatiques ont mis en garde contre d’éventuelles violations des sanctions

by Clara Dubois

Publié le 12 décembre 2025 à 05h30. La Banque centrale d’Irlande met en garde les institutions financières contre le risque de transactions impliquant des entités sanctionnées par l’Union européenne, notamment via des cartes émises par des banques biélorusses contournant les mesures restrictives.

  • La Banque centrale d’Irlande a identifié des transactions par carte américaine émises par Belgazprombank, une banque biélorusse sanctionnée par l’UE.
  • Les banques irlandaises, les prestataires de services de paiement et les commerçants doivent s’assurer de bloquer les entités sanctionnées pour éviter toute violation des réglementations européennes.
  • La Banque centrale souligne une augmentation des fraudes et des escroqueries liées à la numérisation et à l’activité en ligne, avec des cyberattaques potentiellement dévastatrices.

La Banque centrale d’Irlande tire la sonnette d’alarme face à la possibilité que d’autres entités soumises aux sanctions européennes utilisent des produits financiers qui devraient être bloqués par les banques et autres acteurs du secteur en Irlande. Cette vigilance accrue fait suite à la découverte de transactions effectuées avec des cartes émises par Belgazprombank, une banque biélorusse sanctionnée par l’UE depuis le début de l’année pour avoir utilisé le système de messagerie financière de la Banque centrale de Russie afin de contourner les sanctions.

Selon la Banque centrale, les transactions via distributeurs automatiques sont particulièrement vulnérables, car elles passent souvent par des systèmes de cartes internationaux qui identifient la banque émettrice grâce à des numéros d’identification bancaire (BIN). Or, ces systèmes ne bloquent pas automatiquement les cartes émises par des banques sanctionnées, à moins que ces BIN ne soient spécifiquement identifiés et bloqués.

La banque irlandaise insiste sur le fait que les systèmes de cartes américains, par exemple, ne reflètent pas toujours l’ensemble des réglementations européennes en matière de sanctions, se limitant parfois aux règles établies par le Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC).

Ce rappel intervient dans un contexte de multiplication des fraudes et des escroqueries, exacerbées par la numérisation croissante de l’économie. La Banque centrale met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses des cyberattaques.

« Les cyberattaques peuvent avoir des conséquences catastrophiques »

Michael Kavanagh, directeur général du Compliance Institute

Michael Kavanagh souligne que la cybercriminalité évolue à un rythme effréné, rendant difficile pour les organisations et les législateurs de suivre le rythme. Il met en évidence la sophistication croissante des fraudeurs, qui rendent les escroqueries plus difficiles à détecter et donc plus faciles à réaliser. Ils utilisent également la technologie pour identifier et cibler les victimes, et pour collecter les informations nécessaires au vol d’identité.

L’attaque de ransomware subie par le HSE (Health Service Executive) en 2021 est un exemple frappant de ces menaces. Cette semaine, le HSE a annoncé qu’il verserait une compensation de 750 € à chacune des 90 000 personnes touchées par cette violation de données. L’attaque avait déjà coûté plus de 100 millions d’euros au système de santé irlandais, et les accords avec les victimes pourraient potentiellement doubler ce montant.

La Banque centrale d’Irlande réaffirme que la lutte contre la fraude et les escroqueries est une priorité, et qu’elle attend des institutions financières qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires pour protéger le système financier.

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