Publié le 24 septembre 2025 10h30. Une nouvelle étude révèle que des modifications de la rétine, mesurables grâce à une technique d’imagerie non invasive, pourraient servir de marqueurs précoces de la progression de la sclérose en plaques (SEP), une maladie neurologique chronique.
- L’amincissement de certaines couches de la rétine est corrélé à la gravité et à la durée de la SEP.
- La tomographie par cohérence optique (OCT) offre un moyen rapide et sûr de suivre l’évolution de la maladie.
- Des différences observées dans l’épaisseur d’une couche rétinienne particulière suggèrent des mécanismes distincts selon les sous-types de SEP.
Des chercheurs ont analysé les données de tomographie par cohérence optique (OCT) de 507 patients atteints de sclérose en plaques et de 183 personnes en bonne santé. L’objectif était d’étudier l’épaisseur des différentes couches internes de la rétine, en particulier au niveau de la macula, la zone centrale responsable de la vision fine et détaillée.
L’étude s’est concentrée sur quatre couches clés : la couche de fibres nerveuses (NFL), la couche de cellules ganglionnaires (GCL), la couche plexiforme interne (IPL) et la couche nucléaire interne (INL). Les résultats indiquent que les patients atteints de SEP présentent un amincissement de ces couches, variant de 3 % à 20 % par rapport aux témoins sains. Les formes de SEP progressive primaire et secondaire progressive affichent les différences les plus marquées.
Plus précisément, la NFL s’avère significativement plus mince dans tous les sous-types de SEP – progressive primaire (PP), récurrente-rémittente (RR) et secondaire progressive (SP) – l’amincissement étant le plus prononcé dans les groupes PP et SP. L’amincissement de la GCL et de l’IPL est également proportionnel à la sévérité de la maladie, particulièrement dans le groupe SP. Un aspect intéressant est la variation de l’épaisseur de l’INL : elle est augmentée dans le groupe RR, mais diminuée dans le groupe SP, ce qui suggère des processus inflammatoires ou dégénératifs différents selon le stade de la maladie.
Ces modifications rétiniennes sont corrélées à la durée de la maladie et à son impact sur le patient, ce qui suggère qu’elles pourraient être utilisées pour suivre l’évolution de la neurodégénérescence dans la SEP. L’étude met en avant le potentiel de la NFL maculaire comme biomarqueur fiable de l’atrophie cérébrale globale et de la progression de la maladie. De plus, l’analyse combinée de l’amincissement de la GCL et de l’IPL pourrait améliorer la précision du suivi des lésions neuronales liées à la SEP.
La technique d’OCT, utilisée dans cette étude, est un avantage majeur. Elle permet une évaluation rapide, sûre et non invasive de la neurodégénérescence. Les chercheurs ont veillé à exclure les patients ayant récemment souffert de névrite optique, afin d’éviter toute interférence et de garantir que les mesures de l’épaisseur rétinienne reflètent bien l’évolution de la SEP elle-même, indépendamment d’une inflammation aiguë du nerf optique.
Cette recherche confirme l’intérêt de l’OCT comme outil clinique précieux pour mieux comprendre la progression de la SEP et adapter les stratégies thérapeutiques.
Référence
Zahavi O et al. Couches maculaires internes de la rétine dans la sclérose en plaques. Neurol avant. 2025;doi:10.3389/fneur.2025.1549091.
À ne pas manquer
