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Les cellules immunitaires intestinales suivent une voie atypique pour fournir une protection antivirale durable

Publié le 24 septembre 2025. Des chercheurs de l'Université de Toronto ont découvert un mécanisme inattendu par lequel les cellules immunitaires de l'intestin produisent des anticorps, ouvrant la voie à de nouveaux vaccins plus efficaces contre les virus…

Les cellules immunitaires intestinales suivent une voie atypique pour fournir une protection antivirale durable

Publié le 24 septembre 2025. Des chercheurs de l’Université de Toronto ont découvert un mécanisme inattendu par lequel les cellules immunitaires de l’intestin produisent des anticorps, ouvrant la voie à de nouveaux vaccins plus efficaces contre les virus respiratoires.

  • Une nouvelle étude révèle que les cellules immunitaires intestinales utilisent une voie atypique pour générer une protection à long terme contre les virus.
  • Ces résultats pourraient permettre de développer de meilleurs vaccins contre la grippe, le SRAS-CoV-2 et la grippe aviaire.
  • L’équipe de recherche explore notamment le potentiel de la vaccination orale et l’influence du microbiote intestinal sur l’efficacité des vaccins.

Les vaccins actuels contre la COVID-19 et la grippe, bien qu’efficaces pour réduire les complications graves, peinent à empêcher l’infection initiale. Pour une protection optimale, un vaccin doit stimuler une forte réponse immunitaire au niveau des muqueuses, c’est-à-dire au niveau du nez, de la bouche et des voies respiratoires. Cette immunité repose sur les anticorps IgA, présents en grande concentration dans les fluides corporels tels que la salive et les larmes.

« Si nous pouvions induire une réponse immunitaire muqueuse durable, ce serait une avancée majeure, car nous bloquerions ainsi l’entrée du virus dans l’organisme », explique Jen Gommerman, professeure et directrice du département d’immunologie à la faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto.

« En bloquant l’entrée du virus, nous empêcherions à la fois l’infection et sa transmission », ajoute-t-elle.

Le principal défi dans le développement de vaccins pour les muqueuses réside dans la capacité à générer une réponse IgA de longue durée. Des recherches antérieures, dont une étude de 2020 menée par le groupe de Gommerman en collaboration avec Anne-Claude Gingras, ont montré que les réponses immunitaires locales générées par les infections naturelles, comme celle au SRAS-CoV-2, s’estompent rapidement. « Lorsque nous avons analysé les principaux anticorps IgA qui nous protègent contre les infections, nous avons constaté que leurs niveaux ne se maintiennent pas sur le long terme », précise la chercheuse.

Cependant, les chercheurs savaient qu’une réponse IgA durable induite par la vaccination était possible. « La vaccination orale contre le rotavirus et la polio confère une immunité à vie. Nous avons donc émis l’hypothèse qu’il pourrait y avoir quelque chose de particulier dans la voie orale et dans l’intestin grêle qui permette de générer une réponse IgA durable », explique Gommerman.

Pour tester cette hypothèse, l’équipe de recherche, dirigée par le chercheur postdoctoral Kei Haniuda, a étudié un modèle murin d’infection au rotavirus. Ils ont découvert que la réponse IgA intestinale dépend de l’interaction entre deux types de cellules immunitaires, les cellules T et les cellules B, mais qu’elle contourne une étape clé où des fragments du virus sont présentés aux cellules T. Ce contournement permet une réponse plus rapide en anticorps IgA. De plus, les IgA produits en réponse au virus se sont avérés protecteurs et ont persisté pendant au moins 200 jours après l’infection initiale.

« La durée de la réponse IgA a été surprenante », souligne Gommerman. « Même si le virus a été éliminé en environ 10 jours, la réponse a continué de s’améliorer avec le temps, ce qui a permis d’obtenir des anticorps IgA très efficaces pour reconnaître le rotavirus. »

Les chercheurs pensent que l’environnement intestinal, avec son anatomie particulière et sa riche communauté microbienne, pourrait jouer un rôle clé dans la génération d’une réponse immunitaire aussi durable et efficace. Ces résultats soutiennent l’intérêt de la vaccination orale comme stratégie de protection contre les virus respiratoires. Gommerman reconnaît toutefois qu’il existe des obstacles importants à surmonter pour créer un vaccin oral.

Forte de ces travaux, elle a récemment déposé une demande de financement pour poursuivre le développement d’un vaccin oral contre la grippe aviaire hautement pathogène. Son laboratoire explore également une approche complémentaire visant à modifier le microbiote intestinal afin de rendre les vaccins actuels contre la grippe et le COVID-19, administrés par injection, plus efficaces au niveau des muqueuses et de stimuler une réponse IgA plus forte.

« Nous avons appris comment les cellules immunitaires sont activées, comment les identifier et quels signaux sont essentiels à leur développement », conclut Gommerman. « Nous pouvons désormais utiliser ces connaissances pour développer de meilleurs vaccins. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.