Publié le 12 novembre 2025. Une étude néerlandaise révèle que les récidives du carcinome urothélial des voies urinaires supérieures (CUVS), un cancer rare, proviennent souvent de cellules tumorales détachées de la tumeur initiale, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés.
- Environ 800 personnes sont diagnostiquées chaque année aux Pays-Bas avec un CUVS.
- Près de la moitié des patients voient leur cancer récidiver dans les deux ans, généralement dans la vessie.
- La recherche de Thomas van Doeveren identifie l’origine cellulaire des récidives et évalue l’efficacité de l’irrigation vésicale préopératoire.
Le carcinome urothélial des voies urinaires supérieures (CUVS) est une forme rare de cancer qui touche le bassinet du rein et/ou l’uretère. Si le nombre de diagnostics a considérablement augmenté aux Pays-Bas ces dernières décennies – passant d’environ 300 cas annuels dans les années 1990 à près de 800 aujourd’hui – les taux de survie n’ont que très peu progressé. Un défi majeur dans la prise en charge de cette maladie réside dans le risque élevé de récidive, touchant près de la moitié des patients dans les deux ans suivant le traitement, et se manifestant le plus souvent au niveau de la vessie.
Les travaux de doctorat de Thomas van Doeveren, menés à l’Université Erasmus de Rotterdam et basés sur les données du registre néerlandais du cancer, apportent un éclairage nouveau sur les mécanismes de ces récidives. Grâce à l’analyse moléculaire, notamment au séquençage de l’ADN des tumeurs, il a démontré que dans les trois quarts des cas, les cellules tumorales responsables de la récidive proviennent de la tumeur initiale et se sont propagées par les voies urinaires. Cette découverte confirme que le CUVS se propage bien par les voies urinaires, conduisant à l’apparition de tumeurs dans la vessie.
Une autre partie de la recherche a porté sur l’efficacité de la chimiothérapie intra-vésicale, administrée avant la chirurgie, dans la prévention des récidives. L’essai REBACARE, mené dans 18 hôpitaux néerlandais entre 2017 et 2020, a montré une légère réduction du risque de récidive vésicale, mais n’a pas atteint l’objectif initial de moins de 20 % de récidives après deux ans (le taux est resté inférieur à 24 %). L’analyse a toutefois permis d’identifier des sous-groupes de patients : ceux ayant subi un examen diagnostique des voies urinaires supérieures (urétéroscopie) présentaient un risque accru de récidive, probablement en raison de la dissémination des cellules tumorales lors de l’examen, et semblaient moins bénéficier de l’irrigation vésicale. À l’inverse, les patients n’ayant pas subi d’endoscopie semblaient tirer le plus grand profit de cette procédure préopératoire.
Au-delà de ces observations, Thomas van Doeveren a développé un programme informatique basé sur l’apprentissage profond, capable d’analyser des images microscopiques de tissus tumoraux. Ce programme, qui utilise les mêmes images que celles examinées par les pathologistes pour établir un diagnostic, est capable de distinguer différents types de CUVS, chacun étant associé à des perspectives et des traitements oncologiques spécifiques. À l’avenir, cet outil pourrait permettre aux médecins de proposer des conseils thérapeutiques plus rapides et plus personnalisés à leurs patients.
La recherche a également abordé la question de la qualité de vie des patients après une chirurgie radicale (ablation du rein, de l’uretère et d’une partie de la vessie). Les résultats indiquent une baisse temporaire des fonctions physiques et sociales immédiatement après l’intervention, mais une récupération généralement observée dans les trois mois. De manière encourageante, une augmentation de la résilience émotionnelle a été constatée peu de temps après le traitement.
Les conclusions de la thèse de Thomas van Doeveren représentent une avancée significative vers une prise en charge plus personnalisée et plus efficace des patients atteints de CUVS.
Thomas van Doeveren soutiendra sa thèse à l’Université Erasmus de Rotterdam le 12 novembre 2025. Les (co-)directeurs de thèse sont le Prof. Dr. JL Boormans, le Dr. KKH Aben et le Dr. PJ van Leeuwen.
Pour en savoir plus sur cette recherche : Contactez la bibliothèque de l’IKNL. Mémoire : Carcinome urothélial des voies urinaires supérieures Démêler le contexte moléculaire et les dilemmes cliniques (Erasmus Universiteit Rotterdam) et NKR.

