Publié le 15 novembre 2023 10:15. Loin d’être le fruit de croisements récents, la diversité morphologique des chiens – des carlins aux dogues allemands – remonte à au moins 11 000 ans, comme le révèle une étude scientifique basée sur l’analyse de crânes préhistoriques.
- Des chercheurs ont constaté des différences significatives dans la forme des crânes de chiens anciens et de leurs ancêtres loups dès il y a 11 000 ans.
- Les premiers chiens avaient des crânes proportionnellement plus courts et plus larges que les loups.
- Cette diversité précoce suggère une sélection par les humains pour des fonctions spécifiques, bien avant l’apparition des races modernes.
La diversité des chiens, qui nous émerveille aujourd’hui, n’est pas un phénomène récent. Une équipe de scientifiques a mis en évidence des variations crâniennes notables chez les chiens préhistoriques, datant d’au moins 11 000 ans. L’étude, publiée jeudi dans la revue Science, repose sur l’analyse minutieuse de 643 crânes d’anciens chiens et de leurs ancêtres loups.
En utilisant des modèles 3D des crânes, les chercheurs ont découvert que les premiers chiens se distinguaient déjà par des caractéristiques distinctes de celles des loups. Ils présentaient notamment un crâne proportionnellement plus court et plus large. Cette diversité, observée chez des animaux ayant vécu à travers toute l’Eurasie, représente déjà environ la moitié de la variation crânienne que l’on observe chez les chiens modernes. Cette adaptation précoce suggère que les humains ont rapidement commencé à sélectionner des chiens en fonction de leurs aptitudes et de leur apparence.
Cette découverte remet en question l’idée que les formes extrêmes de chiens, comme les races brachycéphales (carlins, bouledogues), sont apparues récemment. Si ces races spécifiques n’existaient pas encore à l’époque, les humains avaient déjà commencé à sélectionner des chiens pour la chasse, la garde, l’élevage et d’autres tâches, entraînant ainsi des différences morphologiques précoces. Les chiens, bien plus que de simples outils, ont toujours occupé une place importante dans la société humaine, en tant que compagnons et symboles.
Depuis des millénaires, les humains façonnent les chiens en fonction de leurs besoins, de leur culture et de leur identité. Les variations crâniennes observées chez les chiens préhistoriques constituent donc le fondement de l’extraordinaire diversité que nous connaissons aujourd’hui. L’étude souligne ainsi le rôle crucial de la sélection humaine dans l’évolution de l’espèce canine.
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