Publié le 21 décembre 2025 à 10h40. L’expérience cinématographique semble se dégrader de part et d’autre : certains spectateurs perturbent les projections, tandis que d’autres, comme cet amateur de cinéma vivant dans une petite ville de l’Ohio, se retrouvent souvent seuls dans les salles obscures, regrettant l’absence d’une audience avec laquelle partager l’émotion.
- Les comportements inciviques en salle (téléphones, enfants non accompagnés, conversations bruyantes) exaspèrent les cinéphiles.
- Le manque de spectateurs dans certaines salles, en particulier en dehors des grandes villes, nuit à l’expérience cinématographique.
- Plusieurs facteurs contribuent à cette situation, notamment le coût élevé des sorties au cinéma et la rapidité avec laquelle les films sont disponibles en streaming.
Un sentiment de frustration grandit parmi les amateurs de cinéma. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de spectateurs excédés par les incivilités en salle se multiplient. Des utilisateurs de Reddit rapportent des expériences désagréables : films perturbés par des conversations, des écrans filmés pour les réseaux sociaux, des enfants bruyants et des comportements irrespectueux. Un internaute résume l’état d’esprit général :
« Pour moi, au cinéma, l’enfer, ce sont les autres. »
Pourtant, l’inverse pose également problème. Un cinéphile vivant dans une petite ville de l’Ohio relate son expérience : il se retrouve souvent seul dans les salles, même lors des sorties très attendues. Il évoque par exemple le film Gladiateur II, qu’il avait hâte de voir, mais qu’il a finalement regardé seul dans une salle vide. Il aurait même payé pour qu’on fasse entrer quelques spectateurs bruyants afin de partager l’intensité de certaines scènes. Il souligne que des moments forts, comme l’arrivée d’Elisasue dans Le Fond ou la scène du shérif dans Eddington, perdent de leur impact lorsqu’ils sont vécus en solitaire.
Cette situation crée un cercle vicieux, selon Matthew Frank, rédacteur adjoint à l’Ankler : l’absence de spectateurs décourage les autres de se rendre au cinéma, ce qui aggrave encore le problème. Il décrit ce phénomène comme
« une boucle fatale du théâtre solitaire, un serpent qui se mord la queue, alors que nous nous précipitons vers un avenir où les sorties en salles et la réalisation de films sont toutes deux en grande difficulté. »
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de fréquentation. Un rapport de Bain met en avant le manque de sorties à grand spectacle, les alternatives de divertissement moins coûteuses et le prix élevé des billets et des confiseries. De plus, la diffusion rapide des films en streaming, et l’arrivée de nouveaux acteurs comme Warner Bros. rachetée par Netflix, réduisent l’attrait des salles obscures. Variety rapporte que cette situation pourrait diminuer l’aura associée au visionnage d’un film en avant-première.
Pour inverser cette tendance, le rapport de Bain recommande aux cinémas de créer un sentiment de communauté et d’expérience partagée. Les études marketing montrent que la génération Z aspire à des expériences en personne et est prête à y consacrer des sommes importantes. Des franchises populaires comme Zootopie et Cinq nuits chez Freddy continuent d’attirer le public, ce qui prouve que les gens ont toujours envie de regarder des films ensemble, même si certains perturbent la séance.
Dans la région de notre observateur, les prix restent abordables (entre 5 et 7 dollars, soit environ 4 à 6 euros), ce qui n’est pas le cas dans les grandes villes où une soirée cinéma peut coûter plus de 150 dollars (environ 140 euros) en incluant la baby-sitter, les billets, le pop-corn et les boissons. Une discussion animée sur Reddit témoigne de cette réalité.
Malgré tout, il y a des avantages à être seul au cinéma : la liberté de manger discrètement une quesadilla, de croquer des bâtonnets de carottes, de poser les pieds sur le siège devant soi ou de consulter son téléphone. Parfois, à la fin de la séance, un échange se noue avec le seul autre spectateur présent. Il raconte ainsi avoir discuté après une projection du film de David Cronenberg Les Linceuls, et avoir partagé son émotion avec un autre couple de cinéphiles après avoir vu Si j’avais des jambes, je te donnerais un coup de pied.
Cependant, ces moments de partage restent rares. Il se souvient d’une projection de Sale danse lors d’une collecte de fonds pour l’accès à l’avortement, où l’ambiance était électrique et le public uni. Il évoque l’excitation collective lors des scènes emblématiques du film, et la sensation d’être transporté par la magie du cinéma. Il conclut en se demandant quand il pourra revivre une telle expérience. suivant?
À lire aussi
