Publié le 26 octobre 2025 14:35:00. YouTube rompt ses liens avec Billboard concernant l’élaboration des classements musicaux, estimant que la méthode de calcul actuelle ne reflète pas équitablement la popularité des titres, notamment ceux diffusés avec publicité.
- YouTube ne fournira plus ses données de streaming à Billboard pour la création du Hot 100 et d’autres classements.
- Le désaccord porte sur la pondération accordée aux écoutes financées par la publicité par rapport aux abonnements payants.
- Billboard prévoit de modifier sa méthode de calcul en janvier 2026 pour accorder plus de poids au streaming.
La plateforme vidéo YouTube a annoncé ce vendredi qu’elle mettrait fin à son partage de données avec Billboard, l’un des magazines musicaux les plus influents au monde. Cette décision intervient en raison d’un désaccord fondamental sur la manière dont Billboard calcule ses célèbres classements, notamment le Hot 100, qui reflètent la popularité des chansons aux États-Unis.
Selon YouTube, le problème réside dans la façon dont Billboard évalue les flux à la demande. Le magazine attribue un poids différent aux écoutes issues des services de streaming payants (abonnements) et à celles financées par la publicité. Or, YouTube est un acteur majeur du streaming musical financé par la publicité, et estime que cette distinction désavantage injustement ses artistes et ses contenus.
Cette rupture intervient dans un contexte de mutation profonde de l’industrie musicale. L’importance des ventes physiques et des téléchargements a considérablement diminué au profit du streaming. En conséquence, l’influence des classements traditionnels, comme ceux de Billboard, est en question. En 2007, Billboard avait déjà intégré les flux numériques dans ses calculs, une première étape pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Le magazine a d’ailleurs annoncé hier son intention d’ajuster à nouveau sa méthode d’évaluation du streaming à la demande.
Mardi, Billboard a annoncé qu’il accorderait une importance accrue au streaming afin de « mieux refléter l’augmentation des revenus générés par le streaming et l’évolution des habitudes d’écoute des consommateurs ». Actuellement, le magazine utilise une « unité de consommation d’album » pour équivaloir à une vente d’album, qui se décompose en 3 750 flux audio et vidéo financés par la publicité ou 1 250 flux audio et vidéo payants. À partir de janvier 2026, cette unité sera désormais basée sur 2 500 flux financés par la publicité ou 1 000 flux payants.
« Ce changement signifie qu’il faudra 33,3 % de flux de chansons financés par la publicité en moins pour égaler une unité d’album, et 20 % de flux payants en moins », a précisé Billboard. En d’autres termes, la nouvelle formule favorise YouTube, mais pas dans la mesure souhaitée par la plateforme.
YouTube considère cette décision comme une question d’équité et d’égalité, mais elle s’inscrit également dans une stratégie de renforcement de son propre pouvoir. La plateforme verse déjà 8 milliards de dollars à l’industrie musicale chaque année grâce à ses revenus publicitaires et d’abonnement. YouTube ambitionne également de jouer un rôle plus important dans la découverte et la promotion de nouveaux talents musicaux.
« Nous sommes déterminés à garantir une représentation équitable dans les classements et espérons pouvoir collaborer à nouveau avec Billboard à cet effet. En attendant, si vous souhaitez découvrir la musique qui fait le buzz sur YouTube, vous pouvez consulter nos propres classements ici. »
YouTube, dans son annonce
