Les affrontements entre les armées thaïlandaise et cambodgienne se sont intensifiés ce samedi, malgré les déclarations optimistes du président américain Donald Trump concernant un cessez-le-feu. Bangkok conditionne toute trêve au retrait complet des troupes cambodgiennes et au déminage de la zone frontalière.
Selon le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul, la Thaïlande ne cessera pas ses opérations militaires tant qu’elle ne se sentira pas en sécurité. « La Thaïlande continuera à mener des actions militaires jusqu’à ce que nous ne ressentions plus de danger ni de menace pour notre terre et notre peuple. Je tiens à être clair. Nos actions de ce matin ont déjà parlé », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Des bombardements ont continué durant la nuit, les forces thaïlandaises cherchant à prendre le contrôle de positions stratégiques le long de la frontière.
Au moins 21 personnes ont perdu la vie dans la reprise des combats, et environ 700 000 personnes ont été évacuées des deux côtés de la frontière. Le Cambodge a accusé la Thaïlande d’avoir mené de nouvelles frappes aériennes ce samedi. Le ministère cambodgien de la Défense a précisé que l’armée thaïlandaise a utilisé deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes sur plusieurs cibles. « Les avions militaires thaïlandais n’ont pas encore arrêté leurs bombardements », a-t-il ajouté.
L’armée thaïlandaise a confirmé la poursuite des combats. Ces affrontements interviennent après une escalade de la tension débutée le 24 juillet, lorsque le Cambodge a lancé un barrage de roquettes sur la Thaïlande, qui a riposté par des frappes aériennes. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités.
La semaine dernière, Donald Trump avait affirmé pouvoir mettre fin au conflit simplement en contactant les premiers ministres des deux pays. Après des entretiens avec les dirigeants thaïlandais et cambodgien vendredi soir, il avait annoncé sur les réseaux sociaux qu’ils avaient convenu d’un « cessez-le-feu à compter de ce soir » et de revenir à l’accord signé en octobre en Malaisie, sous sa présidence. « Les deux pays sont prêts à faire la paix », avait-il écrit.
Anutin Charnvirakul a cependant souligné que la Thaïlande n’était pas l’agresseur et que le Cambodge devait prouver son retrait des forces et le déminage de la frontière avant qu’un cessez-le-feu ne puisse être envisagé. « Ils doivent d’abord nous le montrer », a-t-il insisté.
Le différend frontalier, qui concerne une ligne de 800 km, remonte à plus d’un siècle. La frontière actuelle a été tracée en 1907 par les cartographes français, alors que la France était la puissance coloniale au Cambodge. Les tensions se sont accrues ces derniers mois, la Thaïlande accusant le Cambodge de poser des mines terrestres, qui ont causé des blessures à sept soldats thaïlandais. Le Cambodge affirme que ces mines datent de la guerre civile des années 1980.
En juillet dernier, un accord de « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel », négocié par Donald Trump et le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, avait été conclu. La Thaïlande avait averti les États-Unis de ne pas lier le conflit à des questions commerciales, comme cela avait été envisagé en juillet avec l’utilisation de droits de douane.