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Les conflits homme-éléphant pourraient s’intensifier en Afrique australe

La zone de conflit entre les éléphants et les agriculteurs en Afrique australe pourrait s'étendre de 33 % à 100 % d'ici 2085, selon une étude publiée le 7 juillet 2026 dans PNAS Nexus.

Les conflits homme-éléphant pourraient s'intensifier en Afrique australe

La zone de conflit entre les éléphants et les agriculteurs en Afrique australe pourrait s’étendre de 33 % à 100 % d’ici 2085, selon une étude publiée le 7 juillet 2026 dans PNAS Nexus. Cette région abrite plus de 290 000 éléphants de savane (Loxodonta africana), ce qui représente environ 70 % de la population totale de cette espèce sur le continent.

Des confrontations cartographiées en Namibie

Evan Patrick et ses collègues ont examiné les signalements de pillages de récoltes recensés entre 2004 et 2020 dans 38 conservancies communautaires en Namibie, d’après les données rapportées par Mongabay.

Les chercheurs ont combiné des méthodes statistiques d’inférence causale et des modèles d’apprentissage automatique. Leur champ d’analyse s’est étendu au-delà de la Namibie pour couvrir le nord du Botswana ainsi que des zones en Angola et en Zambie. Les chercheurs ont cartographié les zones à haut risque en analysant la couverture de la végétation, la proximité des rivières, des routes et des clôtures pour la faune sauvage, la densité de population ainsi que la productivité de la végétation. La couverture arborée et la verdure de la végétation se sont révélées être des facteurs prédictifs particulièrement déterminants, tandis que les routes et les clôtures semblent influencer les endroits où les pachydermes croisent les établissements humains.

Parmi les zones les plus exposées figurent les régions situées au nord du parc national d’Etosha en Namibie, la région du Zambezi dans le nord-est, ainsi que des portions du nord du Botswana qui entourent le delta de l’Okavango et la réserve faunistique de Moremi. L’analyse montre que la hausse de la population intensifie les pillages pendant les saisons des pluies et de sécheresse. De plus, les conditions de sécheresse à l’intérieur des habitats protégés favorisent les incursions des animaux dans les zones agricoles voisines dès la saison des pluies.

Des scénarios projetés jusqu’en 2085

L’équipe a modélisé les changements potentiels jusqu’en 2085 en s’appuyant sur des projections climatiques, démographiques et d’utilisation des terres. Même le scénario comportant les impacts climatiques les plus sévères n’a pas généré les niveaux de conflit les plus élevés. L’étude modélise l’évolution des risques selon quatre trajectoires différentes.

La plus forte augmentation des conflits apparaît sous le scénario de rivalité régionale, caractérisé par une forte croissance démographique et une conversion rapide des terres, où les raids de saison des pluies doublent par rapport aux prévisions d’un développement durable. Les impacts du climat jouent un rôle secondaire face à l’expansion agressive des terres exploitées par l’homme.

Evan Patrick a indiqué que ces tendances ne sont pas inévitables. Cela signifie que les augmentations de conflits projetées ne sont pas totalement inévitables, mais que la planification locale peut éloigner l’expansion de l’utilisation des terres humaines des points chauds de conflit, a-t-il précisé à Mongabay. George Wittemyer, écologiste spécialiste des éléphants à l’Université d’État du Colorado, qui n’a pas participé aux travaux de recherche, a souligné pour sa part que ces travaux facilitent la mise en place de mesures préventives, telles que la promotion gouvernementale de cultures non palatables dans les zones à haut risque.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.