Home SantéLes crises cardiaques peuvent en fait être infectieuses

Les crises cardiaques peuvent en fait être infectieuses

by Sophie Martin

Une découverte majeure pourrait révolutionner notre compréhension des maladies cardiaques : des chercheurs finlandais et britanniques ont mis en évidence un lien possible entre une infection bactérienne et l’infarctus du myocarde. Cette étude pionnière ouvre la voie à de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques, voire à la prévention par la vaccination.

Jusqu’à présent, on considérait que les maladies coronariennes étaient principalement causées par l’accumulation de lipoprotéines de basse densité oxydées (LDL) dans les artères, perçues par l’organisme comme des corps étrangers. La nouvelle recherche suggère que des bactéries, nichées dans des biofilms gélatineux au sein des plaques d’athérosclérose, pourraient jouer un rôle central dans le déclenchement des crises cardiaques.

L’étude, publiée dans le Journal of the American Heart Association, révèle que ces biofilms, qui peuvent se former sur des années voire des décennies, protègent les bactéries du système immunitaire et des antibiotiques. Une infection virale ou un autre facteur externe pourrait ensuite activer ces biofilms, entraînant une prolifération bactérienne et une forte réaction inflammatoire.

« L’atteinte bactérienne dans la maladie coronarienne était suspectée depuis longtemps, mais des preuves directes et convaincantes ont manqué », explique le professeur Pekka Karhunen, qui a dirigé l’étude. « Notre recherche a démontré la présence de matériel génétique – de l’ADN – de plusieurs bactéries buccales à l’intérieur des plaques athérosclérotiques. »

Les chercheurs ont confirmé leurs résultats en développant un anticorps ciblant ces bactéries. L’utilisation de cet anticorps a révélé la présence inattendue de structures de biofilm dans le tissu artériel, et a permis d’observer la libération de bactéries lors d’un infarctus du myocarde. L’inflammation résultante, provoquée par la réponse immunitaire à ces bactéries, a entraîné la rupture des plaques chargées de cholestérol.

Les échantillons de tissus analysés provenaient de personnes décédées d’une mort cardiaque soudaine, ainsi que de patients atteints d’athérosclérose ayant subi une intervention chirurgicale pour nettoyer leurs artères carotides et périphériques. L’étude a été menée par les universités de Tampere et d’Oulu, l’Institut finlandais pour la santé et le bien-être, et l’Université d’Oxford.

Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de recherche cardiovasculaire financé par l’Union européenne, impliquant 11 pays. Il a également bénéficié du soutien financier de la Fondation finlandaise pour la recherche cardiovasculaire et de la Fondation Jane et Aatos Erkko.

Les chercheurs estiment que ces découvertes pourraient conduire au développement de nouvelles stratégies diagnostiques, thérapeutiques et même préventives, notamment par la vaccination, contre l’infarctus du myocarde et les maladies coronariennes.

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