Les incendies de forêt qui ont ravagé la Californie l’an dernier ont mis en lumière une vulnérabilité alarmante : les personnes âgées sont disproportionnellement touchées par ces catastrophes, en raison de problèmes de mobilité, de besoins médicaux spécifiques et de défaillances dans les systèmes d’alerte. Face à ce constat, une commission d’État a publié des recommandations pour mieux protéger cette population particulièrement exposée.
Sur les 31 victimes des incendies d’Eaton et de Palisades en 2023, l’âge médian était de 77 ans. Cette statistique a incité la Commission californienne sur le vieillissement à revoir en profondeur la préparation aux catastrophes naturelles, alors que le nombre d’incendies de forêt, exacerbé par le changement climatique, ne cesse d’augmenter et que la population âgée représente le segment de la population californienne connaissant la croissance la plus rapide.
« C’est le groupe qui a été le plus durement frappé par les incendies et les catastrophes, et c’est ce qui nous préoccupe le plus », a déclaré David Lindeman, président de la Commission californienne sur le vieillissement, basée à Oakland.
Les recommandations de la commission s’articulent autour de plusieurs axes. Au niveau local, elle exhorte les comtés à identifier à l’avance des sites d’évacuation sûrs, à coordonner les interventions d’urgence avec les organisations dédiées aux personnes âgées et handicapées, et à veiller à ce que les aînés soient représentés dans les instances de planification des situations d’urgence. Au niveau de l’État, la commission propose la création d’un registre des personnes vulnérables pour faciliter l’identification des individus ayant des besoins particuliers lors des interventions des secours, ainsi que le rétablissement d’aides financières pour aider les propriétaires à faible revenu à reconstruire après un sinistre. Elle plaide également pour une formation renforcée des premiers intervenants.
Une enquête nationale citée dans le rapport révèle un manque criant de préparation : moins d’un adulte sur trois âgé de 50 à 80 ans possède une trousse d’urgence complète, malgré des campagnes de sensibilisation menées depuis des années.
Les témoignages recueillis après l’incendie d’Eaton ont confirmé des tendances déjà observées lors d’autres incendies majeurs en Californie : les personnes âgées sont plus susceptibles d’être oubliées lors des évacuations, de ne pas être informées des alertes ou de ne pas avoir accès à l’assistance nécessaire.
Même dans des comtés réputés bien préparés, comme Santa Clara, les personnes âgées sont confrontées à des risques accrus. Beaucoup souffrent de handicaps, sont confinées à leur domicile ou dépendent d’appareils médicaux. Celles qui vivent seules ou qui ont des difficultés avec la langue anglaise peuvent également avoir du mal à obtenir de l’aide rapidement. Le transport représente un défi persistant.
« Le comté de Santa Clara rencontre des difficultés similaires à celles du reste de l’État en matière de préparation aux catastrophes », a souligné Vanessa Merlano, directrice du département du vieillissement et des services aux adultes du comté.
Pour combler ces lacunes, le rôle des équipes communautaires d’intervention d’urgence (CERT) – des groupes de bénévoles formés pour assister les premiers intervenants – est crucial. « En cas d’urgence réelle, il n’y a tout simplement pas assez de personnel pour aider tous ceux qui en ont besoin », explique Laila Hinkle, une bénévole CERT de 71 ans, basée à San Mateo.
Pat Halleran, responsable du programme CERT, insiste sur la nécessité d’une préparation précoce, car les incendies de forêt constituent une menace particulière pour les personnes âgées en raison de leur propagation rapide et de l’imprévisibilité des ordres d’évacuation. « L’impact d’une catastrophe est bien moindre lorsque les gens disposent de l’information », a-t-elle déclaré.
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