Publié le 23 octobre 2025 22:51:00. L’Union européenne a adopté une nouvelle série de sanctions contre la Russie, la dix-neuvième en date, qui frappe pour la première fois le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Cette décision intervient alors que les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles pour discuter du soutien à l’Ukraine.
- L’UE interdit progressivement les importations de GNL russe, avec un objectif de fin totale du commerce d’ici le 1er janvier 2027.
- 117 navires appartenant à la « flotte fantôme » russe, utilisée pour contourner le plafonnement des prix du pétrole, ont été ajoutés à la liste des sanctions.
- Les diplomates russes basés dans l’UE ne pourront plus voyager librement au sein du bloc.
Bruxelles a renforcé sa pression économique sur Moscou en ciblant un pilier de l’économie russe : l’énergie. Cette nouvelle salve de sanctions, approuvée alors que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy doit rejoindre le sommet européen jeudi, vise à affaiblir la capacité de la Russie à financer son offensive en Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré à ce sujet :
« Pour la première fois, nous touchons le secteur gazier russe – le cœur de son économie de guerre. Nous ne céderons pas tant que le peuple ukrainien n’aura pas une paix juste et durable. »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
L’interdiction progressive des importations de GNL russe est une mesure particulièrement significative, car l’Europe a considérablement augmenté ses achats de GNL russe en 2024 (à des niveaux records) après la réduction des livraisons par gazoduc. Cette situation a profité à la Russie et a suscité des critiques quant à la cohérence du soutien européen à l’Ukraine. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a souligné l’importance de cette décision :
« L’interdiction des importations de GNL constitue une étape importante vers l’élimination complète de l’énergie russe dans l’UE. Les sanctions ont un impact réel et nuisent à l’économie russe. La Russie a de plus en plus de mal à financer sa guerre d’agression illégale contre l’Ukraine. »
Lars Løkke Rasmussen, ministre danois des Affaires étrangères
Parallèlement, l’UE a élargi sa liste noire à 558 navires soupçonnés de transporter illégalement du pétrole russe, en ajoutant 117 navires appartenant à la « flotte fantôme » russe. Cette flotte, composée de pétroliers vieillissants et aux structures de propriété opaques, compte entre 600 et 1 400 navires selon les estimations. Elle permet à la Russie d’exporter du pétrole au-delà du prix plafond fixé par le G7 en décembre 2022 (et abaissé en septembre par les alliés européens de l’Ukraine) vers des pays comme la Chine et l’Inde. La flotte de l’ombre est devenue un élément clé pour contourner les sanctions occidentales.
L’adoption de ces nouvelles sanctions a été facilitée par la levée du veto de la Slovaquie et par les sanctions imposées par Washington aux deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Lukoil. Ces mesures américaines, les premières depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, signalent un possible rapprochement entre Bruxelles et l’administration américaine. Ursula von der Leyen a d’ailleurs salué un appel avec le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, estimant qu’il s’agissait d’un « signal clair des deux côtés ».
Les dirigeants européens devraient également réaffirmer leur soutien à l’Ukraine lors du sommet de jeudi, après une semaine marquée par des tensions avec Donald Trump, qui aurait tenté d’intimider Volodymyr Zelenskyy pour qu’il cède du territoire. Le projet d’utilisation des avoirs russes gelés dans l’UE pour financer la reconstruction de l’Ukraine, via un prêt de plusieurs milliards d’euros, reste toutefois bloqué en raison des réserves de la Belgique. Le pays héberge 183 milliards d’euros (159 milliards de livres sterling) d’actifs russes gelés chez Euroclear, mais s’inquiète des implications juridiques d’un tel prêt. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a déclaré qu’il s’opposerait au projet sans garanties appropriées :
« Je n’ai pas encore vu le fondement juridique de la décision. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, les moyens immobilisés n’ont jamais été touchés. Il s’agit donc d’une étape très importante. »
Bart De Wever, Premier ministre belge
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