Home SantéLes données finales d’EMBARK montrent une réduction «presque sans précédent» du risque de décès avec l’enzalutamide plus ADT dans le cancer de la prostate biochimiquement récurrent

Les données finales d’EMBARK montrent une réduction «presque sans précédent» du risque de décès avec l’enzalutamide plus ADT dans le cancer de la prostate biochimiquement récurrent

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:15:00. De nouvelles données issues de l’essai clinique EMBARK révèlent une amélioration significative de la survie globale chez les patients atteints d’un cancer de la prostate biochimiquement récurrent grâce à une combinaison de thérapie de privation androgénique (TPA) et d’enzalutamide. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour une population de patients à risque élevé.

  • L’association de la TPA et de l’enzalutamide réduit le risque de décès de 40 % chez les patients concernés.
  • L’enzalutamide en monothérapie présente un bénéfice en termes de critères secondaires, mais sans impact significatif sur la survie globale.
  • La monothérapie pourrait être envisagée pour certains patients, notamment en raison d’une meilleure préservation de la qualité de vie.

L’essai EMBARK, une étude de phase 3 menée à l’échelle mondiale, s’est concentré sur les hommes atteints d’un cancer de la prostate biochimiquement récurrent à haut risque, mais dont les examens d’imagerie conventionnels ne révélaient pas de métastases. Ces patients, bien que ne présentant pas de signes visibles de propagation de la maladie, sont susceptibles de voir leur cancer évoluer rapidement et de développer des métastases, conduisant ultimement au décès. Les participants ont été répartis aléatoirement en trois groupes : un groupe recevant une TPA combinée à de l’enzalutamide, un groupe recevant uniquement une TPA, et un groupe recevant uniquement de l’enzalutamide.

Les premiers résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine, avaient déjà conduit à l’approbation de l’enzalutamide, avec ou sans TPA, par les agences réglementaires américaine (FDA) et européenne (EMA) dans de nombreux pays. Ces données initiales avaient démontré que l’enzalutamide permettait de retarder la progression de la maladie vers des métastases ou le décès – un critère d’évaluation connu sous le nom de survie sans métastase (SSM), considéré comme un indicateur prédictif de la survie globale. L’objectif principal est donc d’éviter ces deux issues défavorables : la propagation du cancer et le décès.

Les données de suivi à long terme, présentées récemment, confirment l’efficacité de la combinaison TPA-enzalutamide. Selon le Dr Stephen Freedland,

« L’association de l’ADT et de l’enzalutamide a entraîné une réduction de 40 % du risque de décès – un bénéfice vraiment presque sans précédent en termes de survie globale. »

Stephen Freedland, MD

L’enzalutamide en monothérapie a montré une réduction du risque de décès de 17 %, mais ce résultat n’a pas atteint un seuil de signification statistique.

Concernant les critères d’évaluation secondaires, tels que le délai jusqu’au prochain traitement, le délai jusqu’à l’apparition d’événements liés au squelette, ou le délai jusqu’à la progression sur la ligne de traitement suivante (appelé PFS2), l’enzalutamide, qu’il soit associé à la TPA ou utilisé seul, a démontré des résultats positifs, avec une tendance légèrement plus favorable dans le groupe recevant la combinaison.

Le Dr Freedland souligne l’importance d’offrir aux patients plusieurs options thérapeutiques :

« Je pense que les données nous indiquent assez clairement que l’enzalutamide et l’ADT sont plus efficaces pour contrôler les tumeurs et prolonger la survie. Mais la monothérapie présente toujours des avantages : de nombreux résultats secondaires ont été atteints et la survie sans métastases s’est améliorée, même si la survie globale ne l’a pas été. »

Stephen Freedland, MD

Il ajoute que la monothérapie peut être privilégiée pour certains patients en raison d’une meilleure préservation de leur qualité de vie, notamment en ce qui concerne l’activité sexuelle. Cependant, il insiste sur le fait que les données les plus probantes soutiennent clairement l’utilisation de la combinaison enzalutamide-TPA.

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