Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Les DSI s’appuient sur les services HIT pour naviguer dans l’incertitude, selon KLAS

Malgré une conjoncture économique difficile, les responsables des systèmes d'information (RSSI) du secteur de la santé français ne renoncent pas à faire appel à des experts externes. Une étude récente révèle que la majorité d'entre eux prévoient de…

Les DSI s’appuient sur les services HIT pour naviguer dans l’incertitude, selon KLAS

Malgré une conjoncture économique difficile, les responsables des systèmes d’information (RSSI) du secteur de la santé français ne renoncent pas à faire appel à des experts externes. Une étude récente révèle que la majorité d’entre eux prévoient de maintenir, voire d’augmenter, leurs investissements dans les services informatiques spécialisés au cours des douze prochains mois.

Selon le rapport, publié par KLAS, 52 % des RSSI interrogés envisagent d’accroître leurs dépenses en conseil et services, tandis que 37 % souhaitent les stabiliser. Seuls 12 % anticipent une réduction de leur budget. Ces résultats témoignent d’une dépendance croissante envers des partenaires capables d’optimiser les systèmes existants, de renforcer la cybersécurité et d’accompagner les organisations dans l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) et de l’automatisation.

L’étude, menée auprès de 105 RSSI entre février et août 2025, souligne une tension entre la nécessité de maîtriser les coûts et le besoin de compétences pointues. Certains RSSI considèrent le recours à des consultants comme une extension de leurs équipes, particulièrement dans des domaines où le recrutement est difficile, tels que l’optimisation des dossiers médicaux électroniques (DME), le cloud et l’analyse de données.

D’autres, notamment ceux qui viennent d’achever des implémentations majeures, cherchent à réduire leurs engagements et à transformer des contrats de conseil à court terme en embauches permanentes.

L’introduction du projet de loi « One Big Beautiful Bill Act » en mai 2025 a néanmoins introduit une certaine prudence. Les RSSI interrogés après le 20 mai se sont montrés plus réservés, avec seulement 9 % d’entre eux prévoyant une augmentation significative ou modérée de leurs dépenses en services professionnels. Plus de la moitié s’attendaient à des budgets stables ou en baisse.

En comparaison, les RSSI interrogés avant l’annonce du projet de loi étaient légèrement plus optimistes. Cependant, plus de 80 % des personnes interrogées dans l’ensemble de l’échantillon ont confirmé que leurs budgets resteraient stables ou augmenteraient, suggérant que les services de conseil et d’expertise sont désormais perçus comme des investissements stratégiques plutôt que des dépenses superflues.

« Les entreprises sont sollicitées pour des missions très spécifiques, plutôt que d’essayer de développer toutes les compétences en interne », a déclaré un RSSI d’un hôpital indépendant. D’autres ont souligné que le coût d’une expertise ponctuelle peut parfois être comparable, voire inférieur, au salaire annuel d’un employé à temps plein, incitant à une analyse rigoureuse des besoins réels en assistance externe.

Les priorités des RSSI en matière de services professionnels se concentrent sur trois axes principaux : l’optimisation des DME, la cybersécurité et l’IA/automatisation. Les DME restent au cœur des opérations, et les organisations font appel à des experts pour des projets de mise en œuvre, de mise à niveau et d’optimisation visant à améliorer leur efficacité.

La cybersécurité reste une préoccupation majeure, bien que l’urgence se soit quelque peu atténuée après l’incident survenu chez Change Healthcare en 2024. Les RSSI apprécient les entreprises capables de proposer une expertise approfondie en matière d’évaluations de sécurité, de détection et de réponse aux incidents, ainsi que de conception d’architectures robustes.

L’IA et l’automatisation sont devenues une priorité croissante. De nombreux RSSI expérimentent des outils d’IA générative, tels que la documentation assistée et le tri intelligent des courriels, mais ils se tournent vers des services professionnels pour les aider à définir leur stratégie, à assurer la gouvernance et à mesurer la valeur ajoutée. Au-delà des applications classiques, les déploiements d’IA sont très diversifiés, ce qui renforce l’importance d’un accompagnement personnalisé.

Parmi les autres domaines d’intervention importants figurent les projets d’infrastructure et de cloud, les implémentations de systèmes ERP, la planification informatique, l’analyse de données, l’optimisation du cycle de revenus et le renforcement des effectifs.

Du côté des prestataires, le marché reste fragmenté, avec 121 entreprises différentes citées par les RSSI. Impact Advisors se distingue comme l’entreprise la plus fréquemment mentionnée, tant en termes de notoriété que de capacité à répondre aux besoins spécifiques. Huron, Nordic et Chartis sont également régulièrement citées.

Cette préférence pour des acteurs spécialisés dans le secteur de la santé contraste avec d’autres études de KLAS, où les grands cabinets de conseil intersectoriels comme Deloitte dominent souvent le paysage. Bien que les RSSI considèrent toujours des entreprises telles que Deloitte, Accenture, PwC et KPMG comme influentes, ils ont tendance à privilégier des partenaires spécialisés pour les projets liés aux DME, à la cybersécurité et à l’IA.

Epic occupe une position particulière. L’entreprise n’est généralement pas considérée comme un leader des services à usage général, mais elle est fréquemment citée comme la mieux placée pour répondre aux besoins liés aux DME et aux domaines connexes, en particulier lorsque les organisations standardisent leur plateforme.

Les RSSI recherchent avant tout des partenaires capables de proposer des plans de projet clairs et personnalisés, ainsi qu’une valeur mesurable. La communication, la transparence, l’engagement des parties prenantes et l’expertise du cabinet sont également des critères essentiels. En fin de compte, les dirigeants se concentrent moins sur les taux horaires que sur les résultats concrets, qu’il s’agisse d’un DME plus performant, d’une meilleure protection contre les cyberattaques ou d’un retour sur investissement tangible des projets d’IA.

« Sans objectifs communs et sans progrès visibles, même un travail créatif et bien intentionné peut éroder la confiance plutôt que la renforcer », a souligné un RSSI.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.