Publié le 11 octobre 2025 16:51:00. Le gouvernement municipal de Taïchung est critiqué pour ses choix budgétaires, notamment le refus de financer correctement les repas scolaires et l’utilisation de vaccins contre la grippe approuvés, contrastant fortement avec les politiques de soutien à la famille mises en place par le gouvernement central.
- Le gouvernement de Taïchung a refusé d’autoriser l’utilisation des vaccins contre la grippe développés par Medigen Vaccine Biologics Corp dans les écoles de la ville.
- La subvention allouée aux repas scolaires à Taïchung est de seulement 5 NT$ (environ 0,15 euro) par repas, un montant jugé insuffisant par de nombreux parents et conseillers municipaux.
- Taiwan Power Co (Taipower) s’était proposée de financer les repas des élèves du district de Longjing, mais cette proposition a été rejetée par le gouvernement municipal pour des raisons politiques.
La politique budgétaire de la ville de Taïchung est au cœur d’une vive polémique. Récemment, le gouvernement municipal a pris la décision controversée de ne pas autoriser l’utilisation des vaccins contre la grippe développés par Medigen Vaccine Biologics Corp, une entreprise taïwanaise, dans les écoles de la ville. Cette décision a suscité des critiques, certains accusant les autorités locales de privilégier des considérations idéologiques plutôt que des critères médicaux objectifs.
Cette affaire rappelle un autre sujet de discorde : la faible subvention accordée aux repas scolaires. Alors que le Yuan exécutif a annoncé le mois dernier une nouvelle politique de soutien à la natalité, prévoyant une allocation allant jusqu’à 100 000 NT$ (environ 3 000 euros) par nouveau-né, Taïchung, une ville disposant de ressources fiscales importantes, se contente d’une subvention de seulement 5 NT$ par repas pour les déjeuners nutritifs des écoliers. Ce contraste frappant soulève des questions quant à la réelle priorité accordée par le gouvernement municipal à la santé et au bien-être des jeunes générations.
De nombreuses autres municipalités taïwanaises ont déjà mis en place des programmes de repas gratuits pour les élèves. Malgré sa situation financière plus confortable, le gouvernement de Taïchung invoque régulièrement des contraintes budgétaires pour justifier son manque d’investissement dans ce domaine.
Le conseiller municipal de Taïchung, Lin Chi-feng (林祈烽), a souligné que de nombreux parents se plaignent de la qualité des repas scolaires, craignant qu’une alimentation déséquilibrée n’ait des conséquences néfastes sur le développement de leurs enfants. Il estime qu’une augmentation des subventions permettrait aux restaurateurs scolaires d’améliorer la qualité des repas et de proposer des options plus saines et plus attrayantes pour les élèves.
Un exemple particulièrement révélateur est celui du district de Longjing, où Taiwan Power Co (Taipower) s’était engagée à financer les repas des élèves des écoles primaires, afin de compenser l’impact environnemental de ses installations industrielles sur la communauté locale. Cependant, cette proposition a été rejetée par le gouvernement municipal sous prétexte de « considérations politiques », préférant laisser les enfants dans une situation précaire plutôt que d’accorder des « avantages » à certaines communautés.
Cette décision a provoqué l’indignation de nombreux élus locaux. Quinze directeurs d’arrondissement du district de Longjing ont boycotté une réunion du conseil municipal pour exprimer leur mécontentement face à un gouvernement municipal qui semble privilégier les calculs politiques au bien-être de ses citoyens.
La politique nationale de soutien à la natalité, avec une allocation de 100 000 NT$ par nouveau-né, témoigne de l’engagement du gouvernement central en faveur des jeunes familles et constitue un signal fort pour encourager la natalité. Cette mesure devrait alléger le fardeau financier pesant sur les ménages et mérite d’être saluée.
Dans un contexte de baisse démographique, les politiques sociales devraient accorder la priorité aux besoins des enfants. Le rejet par le gouvernement municipal de Taïchung de la proposition de Taipower révèle un manque de vision et une attitude restrictive.
Lorsque certains conseillers municipaux ont suggéré de distribuer une allocation de 50 000 NT$ à chaque habitant, la demande a été catégoriquement rejetée par le gouvernement municipal, invoquant des contraintes budgétaires. Le résultat est que les écoliers se retrouvent avec une subvention dérisoire de 5 NT$ pour leurs déjeuners. Où est la compassion de la maire de Taïchung, Lu Shiow-yen (盧秀燕) – surnommée « Mère Lu » – pour les enfants de la ville ?
Il est impératif que le gouvernement municipal de Taïchung mette de côté son orgueil, réévalue ses priorités budgétaires et considère les repas nutritifs gratuits comme un droit fondamental pour tous les enfants de la ville. Il est temps de traduire en actes un véritable engagement envers les élèves, et pas seulement par de vains discours.
Yang Chih-chiang est enseignant dans une école primaire.
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