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Les élèves du secondaire révisent mieux leur français sur papier qu’à l’écran

by Amélie Bernard

Publié le 28 décembre 2025 21:04:00. Une étude de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) révèle que les élèves du secondaire repèrent et corrigent plus efficacement leurs erreurs de français sur papier qu’à l’écran, remettant en question l’efficacité des outils numériques de correction.

  • Les élèves commettent moins de fautes lorsqu’ils révisent leurs textes sur papier.
  • L’utilisation des correcteurs automatiques tend à détourner l’attention des élèves des erreurs réelles, les incitant à se concentrer sur des éléments déjà corrects.
  • Les chercheurs insistent sur la nécessité d’adapter les méthodes d’enseignement de la révision à l’environnement numérique.

Les correcteurs automatiques, omniprésents dans les logiciels de traitement de texte, ne sont pas toujours les alliés des élèves en matière de révision linguistique. C’est la conclusion d’une recherche menée par des professeurs de l’UQAM, qui souligne un paradoxe : malgré la familiarité des jeunes avec les outils numériques, ils obtiennent de meilleurs résultats lorsqu’ils révisent leurs travaux à la main.

L’étude a été menée auprès de 308 élèves de la première à la cinquième secondaire, issus d’écoles de la Fédération des établissements d’enseignement privés. Les chercheuses ont volontairement ciblé des établissements comptant des classes plurilingues, afin d’analyser l’impact de la révision sur des élèves aux profils linguistiques diversifiés.

Rosianne Arseneau, professeure associée au département de didactique des langues de l’UQAM et experte technopédagogique chez Alloprof, explique que l’environnement numérique entrave la réflexion approfondie.

« Les élèves, lorsqu’ils sont à l’écran, ont droit au correcteur automatique. Pour avoir une situation authentique, il y avait les petits soulignements du correcteur Word. L’élève typique va alors se fier beaucoup à ce correcteur. »

Rosianne Arseneau, professeure associée à l’UQAM

Le simple fait de voir une ligne soulignée par le correcteur incite l’élève à la corriger, sans nécessairement comprendre la nature de l’erreur. Cette approche, selon les chercheurs, conduit à une révision superficielle, axée sur la correction des indications du logiciel plutôt que sur une analyse linguistique complète.

« Cela engendre une révision très orientée sur cette rétroaction du correcteur, et beaucoup moins sur la réflexion. »

Rosianne Arseneau, professeure associée à l’UQAM

À l’inverse, la révision sur papier encourage une réflexion plus poussée. Les élèves ont tendance à identifier la nature des erreurs (verbe, sujet, etc.) et à chercher des solutions de manière plus autonome. De plus, les correcteurs automatiques ne sont pas infaillibles et peuvent parfois suggérer des corrections erronées, contribuant ainsi à l’augmentation du nombre de fautes sur ordinateur.

« Il y a des moments où le correcteur mène l’élève à une erreur qui n’existait pas au départ. »

Rosianne Arseneau, professeure associée à l’UQAM

Pour pallier ces difficultés, les chercheurs préconisent une adaptation des méthodes d’enseignement de la révision à l’environnement numérique. Ils suggèrent notamment d’enseigner aux élèves des stratégies spécifiques pour utiliser efficacement les outils de correction, comme l’utilisation de surligneurs numériques pour identifier les constituants de la phrase. Une conseillère pédagogique d’un centre de services scolaire a d’ailleurs mis en place une telle méthode avec succès.

L’importance d’une formation adaptée est d’autant plus cruciale que de plus en plus d’épreuves ministérielles se déroulent désormais à l’écran.

« Si on leur enseigne juste à réviser sur papier, puis qu’ils arrivent à l’examen et qu’ils essaient d’appliquer une méthode apprise sur papier, ça ne fonctionne pas. Il y a un problème de transfert. »

Rosianne Arseneau, professeure associée à l’UQAM

Les chercheurs poursuivent leurs analyses afin d’identifier les stratégies de révision les plus efficaces et de développer des outils pédagogiques adaptés aux besoins des élèves. Leur objectif est de proposer un enseignement plus individualisé et personnalisé, en tenant compte du profil de chaque élève. Ils soulignent qu’il s’agit d’un vaste chantier, mais que leurs résultats peuvent éclairer la pratique enseignante et soutenir les élèves dans leur apprentissage.

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