Publié le 24 octobre 2023 10h30. Des experts et des parents à Hong Kong tirent la sonnette d’alarme face à l’utilisation précoce et excessive des smartphones par les enfants, appelant à un report de l’âge d’acquisition et à une limitation de l’accès aux réseaux sociaux.
- Plus de la moitié des enfants âgés de six à dix ans à Hong Kong possèdent déjà un smartphone.
- 45 % des enfants dépassent les recommandations internationales en matière de temps d’écran quotidien (plus de deux heures).
- Le groupe de parents « Look Up Hong Kong » plaide pour un âge minimum de 14 ans pour l’acquisition d’un smartphone et de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux.
Une enquête menée par le collectif « Look Up Hong Kong », regroupant des parents d’élèves du primaire et du secondaire, révèle une préoccupation croissante concernant l’impact de la technologie sur le bien-être des jeunes. L’étude, basée sur les réponses de 651 parents, met en lumière une adoption précoce des smartphones, avec un âge moyen de 9 ans pour la possession du premier appareil.
Le Dr Vivian Mark, pédiatre et conseillère du groupe, souligne les conséquences néfastes d’une utilisation excessive des écrans, en particulier des réseaux sociaux, sur la santé physique et mentale des enfants. Elle précise que 45 % des enfants interrogés passent plus de deux heures par jour sur leur smartphone, un chiffre qui dépasse les recommandations établies par des organisations de santé de Hong Kong, des États-Unis et d’autres pays.
« L’enquête ‘Look Up Hong Kong’ rapporte que 45 pour cent des enfants passent plus de deux heures par jour sur leurs smartphones. Cela dépasse les recommandations fondées sur des preuves de Hong Kong, des États-Unis et d’autres organisations mondiales de santé. »
Dr Vivian Mark, pédiatre et conseillère du groupe « Look Up Hong Kong »
Les parents interrogés témoignent également des effets négatifs observés chez leurs enfants. Ils relèvent une détérioration des relations sociales, des difficultés scolaires, des troubles du sommeil et une augmentation de l’anxiété, de la dépression et des comportements d’automutilation.
« Nos enfants déclarent eux-mêmes l’impact que cela a sur leurs relations, leurs devoirs, leur sommeil et leur santé mentale… Nous constatons une augmentation inquiétante des taux d’anxiété, de dépression et d’automutilation chez nos enfants et adolescents, pas seulement à l’étranger, mais aussi ici même à Hong Kong. »
Dr Vivian Mark, pédiatre et conseillère du groupe « Look Up Hong Kong »
Jeannie Leung, mère d’une fillette de huit ans et cofondatrice du groupe « Look Up Hong Kong », explique que l’initiative vise à créer une communauté de parents partageant une vision commune d’une utilisation responsable des smartphones. Elle témoigne de son propre parcours, ayant opté pour un environnement familial sans écran durant les premières années de sa fille, notamment grâce à la fréquentation d’une école maternelle sans appareils numériques.
« Dans notre maison, même lorsque ma fille était un jeune nourrisson et un tout-petit, nous étions sans écran et sans appareil, et nous avons pu le faire parce qu’elle a vécu à un moment donné une école sans appareil. »
Jeannie Leung, mère et cofondatrice de « Look Up Hong Kong »
Bien que reconnaissant l’intégration de la technologie dans le cursus scolaire, Mme Leung insiste sur la nécessité de fixer des limites claires, comme des soirées cinéma en famille ou un accès contrôlé à un iPad pour les devoirs.
Cette prise de conscience s’inscrit dans un contexte plus large. Le directeur général John Lee a annoncé cette année, dans son discours politique, la révision des directives hongkongaises concernant le temps d’écran et l’utilisation des médias sociaux, dans le cadre d’une stratégie globale de santé mentale axée sur les jeunes.
Robert Broad, fondateur de « Look Up Hong Kong », se réjouit de cette initiative gouvernementale et espère que Hong Kong pourra créer un environnement en ligne plus sûr pour les jeunes générations.
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