Publié le 2025-10-16 16:56:00. La police irlandaise (An Garda Síochána) va réexaminer une plainte déposée par un Palestinien accusant Airbnb de faciliter la location de biens immobiliers construits illégalement en Cisjordanie, sur des terres qui lui auraient été volées. Cette décision intervient après une action en justice visant à contester le refus initial d’enquêter.
- La Garda Síochána va rouvrir l’enquête sur les accusations portées contre Airbnb.
- Le plaignant allègue qu’Airbnb est complice de délits liés à l’appropriation de terres et au blanchiment d’argent.
- L’affaire soulève des questions juridiques complexes concernant la compétence irlandaise en matière de crimes commis à l’étranger.
Un Palestinien résidant en Cisjordanie a obtenu gain de cause devant la Haute Cour irlandaise, contraignant la police à reconsidérer sa décision de ne pas enquêter sur sa plainte contre Airbnb. L’homme affirme que la plateforme de location de vacances a permis à des colons israéliens de proposer à la location des propriétés construites sur des terres qui lui ont été dépossédées lors de conflits passés.
Selon les documents présentés à la justice, des constructions ont été érigées sur les terres du plaignant après son déplacement forcé. Il soutient que les colons israéliens tirent profit de ces constructions illégales, sans son consentement. Il accuse Airbnb Ireland UC d’avoir commis des infractions en vertu de la loi irlandaise sur la Convention de Genève, de la loi sur la Cour pénale internationale, ainsi que de la loi sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
En juillet dernier, l’homme avait introduit une requête en contrôle judiciaire pour contester la décision de la Garda de ne pas donner suite à sa plainte initiale. Il affirmait qu’Airbnb était « complice du délit de transfert, complice du délit d’appropriation et de blanchiment d’argent ». Il estime que le fait qu’Airbnb ait autorisé la location de ces propriétés via ses bureaux basés à Dublin constitue un crime.
Le siège européen et moyen-oriental d’Airbnb est situé à Hanover Quay, à Dublin. La société a été contactée pour commenter les allégations, mais n’a pas immédiatement répondu.
Lors de l’audience de jeudi, l’avocate Aoife McMahon, représentant le plaignant et agissant pour le compte de KOD Lyons, a informé la juge Mary Rose Gearty que le commissaire de la Garda reconnaissait certaines des demandes formulées et acceptait de réexaminer la plainte. Remy Farrell SC, agissant pour le commissaire, a confirmé son accord.
La juge Gearty a rendu un jugement annulant la décision initiale de la Garda de ne pas enquêter. Une ordonnance d’anonymat avait été accordée précédemment pour protéger le plaignant, son avocat ayant souligné que son identification pourrait le mettre « en danger de la part des autorités israéliennes ». L’homme a été rejoint dans son action en justice par Sadaka, une organisation non gouvernementale irlandaise qui œuvre en faveur des droits des Palestiniens.
Le Bureau national de la criminalité économique (Garda National Economic Crime Bureau) avait conclu en novembre 2024 qu’aucune infraction n’avait été « divulguée sur cette juridiction » et qu’une enquête criminelle n’était donc pas justifiée. Un examen ultérieur de cette décision avait confirmé cette conclusion. L’homme soutient cependant que les documents qu’il a soumis à la Garda « démontrent clairement des infractions commises en Irlande ».
Cette affaire intervient alors que le rôle des plateformes touristiques dans les colonies israéliennes en Cisjordanie est de plus en plus scruté. Un sénateur irlandais a déclaré que cette affaire pourrait créer un précédent important pour les entreprises irlandaises. Des discussions sont en cours sur la responsabilité des plateformes touristiques dans le contexte des colonies israéliennes en Cisjordanie.
