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Les entreprises subissent des pertes de 48 euros par locataire

by Amélie Bernard

Publié le 20 novembre 2025 à 11h35. Les associations de logements sociaux ont connu une année record en termes de construction, mais s’inquiètent de leur santé financière fragilisée par l’augmentation des coûts et le gel des loyers.

  • Les associations de logements sociaux ont construit 21 761 nouveaux logements en 2024, un chiffre jamais atteint depuis 2014.
  • Elles dépensent depuis quatre ans consécutifs plus d’argent qu’elles n’en gagnent, ce qui les oblige à s’endetter pour financer les nouvelles constructions.
  • Aedes, leur fédération professionnelle, plaide pour la suppression de l’impôt sur les sociétés afin de soulager leurs finances.

Les associations de logements sociaux ont considérablement augmenté leur rythme de construction l’année dernière, avec un total de 21 761 nouveaux logements achevés, selon le rapport annuel publié par Aedes. Ce chiffre représente un sommet depuis 2014, témoignant d’un effort important pour répondre à la crise du logement qui touche le pays.

Cependant, cette dynamique positive est assombrie par des difficultés financières croissantes. Aedes met en garde contre la pérennité de ce rythme de construction, car les bailleurs sociaux enregistrent depuis quatre années consécutives des dépenses supérieures à leurs revenus. Cette situation est due à la fois aux coûts élevés de la construction et de la rénovation énergétique des logements anciens, et au gel partiel des loyers.

Pour combler ces déficits budgétaires, les associations de logements sociaux ont dû recourir à l’emprunt, augmentant ainsi leur endettement. Selon Aedes, la situation financière est particulièrement préoccupante dans les grandes agglomérations du pays.

Les associations de logements sociaux avaient déjà exprimé leur opposition à un projet gouvernemental visant à encadrer plus strictement les loyers. Elles avaient même menacé d’engager des recours juridiques. La démission de la ministre du Logement, Kajsa Ollongren, suite à la chute du gouvernement, a finalement mis fin à ce projet, comme le rapporte NOS.

48 euros de déficit par logement

Aedes estime que, pour un loyer moyen de 595 euros par mois, une association de logements sociaux a dû assumer l’année dernière des charges d’intérêts, des impôts, des taxes et des frais d’entretien. En déduisant ces dépenses des revenus locatifs, le déficit moyen s’élève à 48 euros par logement.

Si les loyers avaient suivi l’inflation, le loyer moyen aurait atteint 652 euros par mois, selon Aedes. Dans ce scénario, le déficit serait réduit à 7 euros par logement. Sans augmentation des revenus, les associations de logements sociaux sont contraintes de vendre des biens immobiliers ou de contracter de nouveaux emprunts pour financer la construction de nouveaux logements.

Les associations de logements sociaux ne souhaitent pas céder leur patrimoine immobilier. Un porte-parole d’Aedes a déclaré : « Cela reviendrait à mettre la charrue avant les bœufs. Non seulement les municipalités ne sont pas favorables à cette solution, mais cela réduirait également le nombre de logements locatifs disponibles, alors que nous avons besoin d’en augmenter l’offre pour résoudre la crise du logement. »

Les associations de logements sociaux se sont engagées auprès du gouvernement et des municipalités à construire 30 000 nouveaux logements sociaux chaque année à partir de 2027. Cependant, Aedes craint que cet objectif ne soit pas réalisable, compte tenu de l’endettement croissant et de la hausse des taux d’intérêt, de l’inflation et des coûts de construction.

« Nous avions estimé que nous pouvions maintenir cette situation jusqu’en 2030, mais le secteur a déjà dépassé les 100 milliards d’euros d’endettement », a précisé un porte-parole d’Aedes. « Entre-temps, les taux d’intérêt, l’inflation et les coûts de construction augmentent. Certaines entreprises peuvent encore tenir quelques années, mais d’autres auront du mal à obtenir des financements pour construire l’année prochaine. »

Aedes réclame donc une nouvelle fois la suppression de l’impôt sur les sociétés pour les associations de logements sociaux. « Les associations de logements sociaux ne réalisent pas de bénéfices, mais elles sont quand même soumises à cet impôt », a expliqué le porte-parole. « Les locataires sociaux en supportent le coût. Nous voulons que cet argent reste dans le secteur, afin qu’il puisse être utilisé pour l’entretien des logements et la construction de nouveaux logements. Cela nous donnerait la possibilité de réaliser nos ambitions en matière de construction pendant plusieurs années. »

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