Home MondeLes États de l’UE conviennent d’un accord de dernière minute pour réduire les émissions de carbone d’ici 2040 – The Irish Times

Les États de l’UE conviennent d’un accord de dernière minute pour réduire les émissions de carbone d’ici 2040 – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 2025-11-05 11:48:00. L’Union européenne s’est engagée à réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, après des négociations ardues à Bruxelles. Cet accord marque une étape cruciale dans la lutte contre le changement climatique, mais soulève des questions sur la manière dont les objectifs seront atteints et sur la flexibilité accordée aux États membres.

  • L’UE s’engage à réduire ses émissions de carbone de 90 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2040.
  • Les États membres bénéficieront d’une plus grande flexibilité pour acheter des « crédits » carbone afin de compenser leurs émissions.
  • Plusieurs pays, dont la Pologne et la Hongrie, se sont opposés à l’objectif de 2040, mais un compromis a finalement été trouvé.

Après une nuit de discussions intenses qui se sont achevées aux alentours de 4 heures du matin, les ministres de l’Environnement de l’Union européenne ont finalement trouvé un accord sur un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’accord, conclu mercredi matin, prévoit une diminution de 90 % des émissions de carbone d’ici 2040, par rapport aux niveaux enregistrés en 1990. Il s’inscrit dans la continuité des efforts européens visant à réduire de plus de 50 % les émissions d’ici la fin de la décennie et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

L’accord a nécessité de nombreuses concessions et offre une marge de manœuvre accrue aux États membres quant aux modalités de réalisation de cet objectif. Un point clé du compromis réside dans l’augmentation de la flexibilité accordée pour l’achat de « crédits » carbone. Ce mécanisme permettra aux pays de financer des projets de réduction des émissions dans d’autres régions, notamment dans les pays du Sud, et de les intégrer à leur propre bilan. Les ministres ont convenu que ces crédits pourront représenter jusqu’à 5 % des réductions nationales, contre 3 % auparavant. Le fonctionnement précis de ce système de crédits sera détaillé dans les années à venir.

Le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, a salué l’accord, soulignant que l’emplacement géographique des réductions d’émissions est secondaire.

« La planète ne se soucie pas de savoir où nous réduisons les émissions. Nous devons simplement les réduire. Ce que nous devons faire, en tant qu’humanité unie, c’est trouver la meilleure solution possible au moindre coût. »

Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat

Cet accord intervient alors que la communauté internationale se réunit à Belém, au Brésil, pour le sommet climatique Cop30. L’Organisation des Nations unies (ONU) a récemment mis en garde contre les conséquences graves d’un manque de progrès dans la réduction de la pollution sur le réchauffement climatique. L’ambition européenne de se positionner comme un leader en matière de lutte contre le changement climatique a été mise à l’épreuve ces derniers mois, plusieurs gouvernements hésitant à mettre en œuvre des réformes jugées nécessaires pour abandonner les combustibles fossiles. Un exemple notable est le débat sur l’interdiction future des nouvelles voitures à moteur essence et diesel.

Selon les estimations, une douzaine d’États membres de l’UE risquent de ne pas atteindre leurs objectifs de réduction des émissions fixés pour 2030. L’Irlande figure parmi les pays susceptibles de ne pas respecter ses engagements, qui prévoient une diminution de 51 % des émissions d’ici la fin de la décennie. Un tel manquement pourrait entraîner des pénalités financières de plusieurs milliards d’euros. Le gouvernement irlandais a toutefois obtenu des assurances de la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, quant à une collaboration pour surmonter les difficultés liées à l’atteinte des objectifs de 2030.

Lors des négociations, la délégation irlandaise a insisté sur le fait que les États membres ne devraient pas être « injustement pénalisés » pour ne pas avoir atteint leurs objectifs, ni voir les ressources destinées à la transition écologique être détournées vers le paiement d’amendes considérables. La Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie ont voté contre la fixation d’un objectif pour 2040. Cependant, l’Italie et d’autres pays ont finalement modifié leur position pour soutenir la proposition, permettant ainsi d’atteindre une majorité suffisante pour l’adoption de l’accord.

L’objectif climatique pour 2040 doit encore être approuvé par le Parlement européen avant de devenir une loi contraignante.

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