Brazzaville – Face à une recrudescence inquiétante de la diphtérie dans huit pays africains, les ministres de la Santé se sont engagés à renforcer les programmes de vaccination pour éradiquer cette maladie évitable. Une réunion de haut niveau, organisée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a permis de réaffirmer l’importance d’une action coordonnée et d’un leadership gouvernemental fort.
- La diphtérie touche principalement les enfants non vaccinés ou insuffisamment immunisés, avec plus de 90 % des cas signalés dans cette catégorie.
- L’OMS et ses partenaires, dont l’UNICEF, GAVI Alliance et le CDC Afrique, apportent un soutien financier et technique aux pays concernés.
- Des lacunes persistent en matière de financement, de capacités de laboratoire et d’accès aux antitoxines diphtériques (DAT), entravant les efforts de lutte contre la maladie.
La résurgence de la diphtérie, une maladie infectieuse grave, est particulièrement préoccupante dans un contexte de fragilité des systèmes de santé et d’impact persistant de la pandémie de COVID-19. Les pays touchés – Tchad, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria et Afrique du Sud – ont signalé des épidémies, mettant en évidence des lacunes dans la couverture vaccinale et l’accès aux soins de santé essentiels.
Selon le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique,
« La diphtérie est une maladie entièrement évitable par la vaccination et ne devrait pas refaire surface à cette échelle, en particulier avec les outils, les connaissances et les capacités dont nous disposons pour la prévenir. »
Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique
Il a souligné l’importance d’une responsabilité partagée pour garantir qu’aucun enfant ne meure d’une maladie qui peut être évitée grâce à la vaccination, et que les soins de santé primaires restent au cœur de la sécurité sanitaire.
Les participants à la réunion ont identifié plusieurs défis majeurs, notamment le manque de financement, les capacités limitées des laboratoires pour la détection rapide de la maladie, l’accès insuffisant aux antitoxines diphtériques (DAT) et aux antibiotiques essentiels, ainsi que le besoin d’un engagement communautaire continu. L’UNICEF et GAVI Alliance ont réaffirmé leur engagement à combler les lacunes en matière de vaccination et à renforcer la résilience des communautés touchées.
Le Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, a insisté sur la nécessité de renforcer l’engagement communautaire et d’accroître la production de vaccins sur le continent africain.
« Le renforcement de l’engagement communautaire et l’expansion de la fabrication de vaccins en Afrique sont essentiels au renforcement des systèmes de vaccination systématique et de soins de santé primaires. »
Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique
Les actions prioritaires identifiées lors de la réunion comprennent l’intensification des campagnes de rattrapage vaccinal, le renforcement des capacités de surveillance et de laboratoire pour une détection précoce, l’amélioration de la prise en charge clinique des patients et la garantie d’un accès fiable aux médicaments essentiels. Le ministre de la Santé de la Mauritanie, le Dr Mohamed Mahmoud Ely Mahmoud, a déclaré :
« L’élimination des épidémies de diphtérie nécessite une forte coordination. Nous sommes reconnaissants à l’OMS, au CDC Afrique et aux autres partenaires pour leur soutien continu. Notre objectif collectif est de combler les lacunes en matière d’immunité et d’assurer une détection et une réponse rapides pour protéger les plus vulnérables en Mauritanie. »
Dr Mohamed Mahmoud Ely Mahmoud, ministre de la Santé de la Mauritanie
L’OMS continuera de soutenir les États membres en renforçant la surveillance, la confirmation en laboratoire, la prise en charge des cas et la coordination de l’approvisionnement mondial en antitoxine diphtérique (DAT). Le directeur régional de l’OMS a appelé les gouvernements à faire de l’élimination de la diphtérie une priorité, soulignant que le succès est à portée de main si des mesures décisives sont prises pour renforcer la surveillance, étendre la vaccination et assurer une réponse rapide dans tous les pays de la région.