Home MondeLes États-Unis contrôleront « indéfiniment » les ventes de pétrole du Venezuela, selon un responsable

Les États-Unis contrôleront « indéfiniment » les ventes de pétrole du Venezuela, selon un responsable

by Clara Dubois

Publié le 7 janvier 2026 à 20h31. Les États-Unis s’apprêtent à assouplir les sanctions économiques contre le Venezuela, ouvrant la voie à la vente de pétrole vénézuélien sur le marché mondial, mais sous contrôle américain strict pour influencer la situation politique intérieure.

  • Washington conservera un contrôle « indéfini » sur les ventes de pétrole vénézuélien, estimées à 30 à 50 millions de barils.
  • Les revenus de ces ventes seront gérés par le gouvernement américain, dans l’objectif de favoriser des changements politiques au Venezuela.
  • Cette initiative suscite des critiques, certains dénonçant une tentative de « vol » de pétrole vénézuélien.

La Maison Blanche a annoncé son intention de lever progressivement les sanctions qui entravent les exportations de pétrole vénézuélien, une mesure qui pourrait avoir des répercussions significatives sur le marché mondial de l’énergie. L’opération, qui débutera par la vente de 30 à 50 millions de barils, est conditionnée à un contrôle rigoureux des revenus par les autorités américaines. L’objectif affiché est d’exercer une pression sur le gouvernement de Nicolás Maduro et de l’inciter à des concessions politiques.

Selon le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, ce contrôle est essentiel :

« Nous devons avoir cet effet de levier et ce contrôle sur ces ventes de pétrole pour conduire les changements qui doivent simplement se produire au Venezuela. »

Chris Wright, secrétaire à l’Énergie

Le montant exact des revenus qui seront partagés avec le Venezuela reste incertain, mais les analystes estiment que les ventes pourraient générer environ 2,8 milliards de dollars (2,1 milliards de livres sterling).

Si la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé qu’un accord avait été trouvé, la compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA a nuancé cette déclaration. Dans un communiqué, elle a précisé que les négociations sur les ventes de pétrole se déroulaient dans le cadre des accords existants entre les deux pays, selon des règles similaires à celles appliquées aux entreprises internationales.

L’annonce intervient après une déclaration sur les réseaux sociaux du président américain Donald Trump, qui avait affirmé que le Venezuela « rembourserait » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, qui seraient vendus au prix du marché. Trump avait également précisé qu’il contrôlerait personnellement les fonds, qui seraient utilisés au profit des populations vénézuélienne et américaine.

Des responsables de la Maison Blanche ont indiqué que des mesures avaient déjà été prises pour commercialiser le pétrole et qu’ils collaboraient avec des banques et des sociétés spécialisées dans les matières premières pour finaliser les ventes. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, mais sa production a chuté à environ un million de barils par jour en raison du manque d’investissements, de la mauvaise gestion et des sanctions américaines. Cet approvisionnement, qui était autrefois une source de revenus essentielle pour le gouvernement vénézuélien, s’est en grande partie orienté vers la Chine ces dernières années.

La Chine a d’ailleurs condamné la saisie de Maduro par les États-Unis et les projets américains visant à exercer un contrôle sur les ressources pétrolières du Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères chinois a exprimé son opposition à cette intervention.

Les analystes estiment que la société pétrolière américaine Chevron et les raffineries américaines, équipées pour traiter le pétrole lourd vénézuélien, sont les mieux placées pour bénéficier de cette augmentation de l’offre. Chevron est la dernière grande compagnie pétrolière américaine à opérer au Venezuela, bien que d’autres entreprises européennes y soient également présentes. Cette réorientation du pétrole vénézuélien vers les États-Unis pourrait exercer une pression sur le Mexique et le Canada, qui sont actuellement les principaux fournisseurs des raffineries américaines.

Les prix du pétrole ont légèrement baissé à l’annonce de cette initiative, dans un contexte d’offre stable et d’attentes de demande modérée. Cependant, les analystes soulignent qu’une augmentation significative de la production vénézuélienne nécessitera des années d’investissements massifs, que les entreprises pourraient hésiter à réaliser en raison des risques associés.

Cette opération a suscité des critiques virulentes de la part de certains démocrates, notamment le sénateur Chris Murphy du Connecticut, qui a qualifié le plan de « fou ».

« Ils parlent de voler le pétrole vénézuélien sous la menace d’une arme pendant une période de temps indéfinie, comme levier pour microgérer le pays. La portée et la folie de ce plan sont absolument stupéfiantes. »

Chris Murphy, sénateur du Connecticut

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a quant à lui défendu l’initiative, affirmant que l’objectif était de décaisser les fonds « d’une manière qui profite au peuple vénézuélien – et non à la corruption, ni au régime – afin que nous ayons beaucoup de poids pour avancer sur le front de la stabilisation ».

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