Home MondeLes États-Unis gèlent les visas d’immigrant pour 75 pays : ce que cela signifie et qui cela affecte ; avocat l’explique | Donald Trump | MONDE

Les États-Unis gèlent les visas d’immigrant pour 75 pays : ce que cela signifie et qui cela affecte ; avocat l’explique | Donald Trump | MONDE

by Clara Dubois

Publié le 15 janvier 2026 23:52:00. L’administration américaine a suspendu le traitement des demandes de visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays, invoquant des préoccupations liées à la dépendance potentielle à l’aide sociale et à la notion de « charge publique ». Cette mesure, qui pourrait affecter des milliers de familles, est susceptible de faire l’objet de contestations juridiques.

  • Les visas d’immigrant, ouvrant la voie à la résidence permanente aux États-Unis, sont suspendus pour les citoyens de 75 pays.
  • La décision s’appuie sur l’argument que les nouveaux arrivants ne doivent pas devenir une « charge publique » en recourant à l’aide sociale.
  • Les visas temporaires, tels que les visas touristiques ou étudiants, ne sont pas concernés par cette suspension pour l’instant.

Cette suspension, ordonnée en novembre dernier par l’administration de Donald Trump, vise à empêcher, selon ses termes, un « abus » du système d’immigration. Les consulats américains dans le monde entier ont reçu l’instruction de refuser les visas aux demandeurs jugés susceptibles de dépendre de l’aide publique. Les agents consulaires doivent désormais évaluer au cas par cas les ressources financières et la capacité d’autonomie de chaque candidat.

Plusieurs critères seront pris en compte dans cette évaluation, notamment l’état de santé et les maladies chroniques (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, cancer, problèmes respiratoires, troubles neurologiques ou de santé mentale) qui pourraient engendrer des coûts de soins de longue durée élevés. L’âge du candidat, sa maîtrise de l’anglais, son employabilité, sa situation économique et financière (revenus et actifs), ainsi que ses antécédents en matière de recours à l’aide publique seront également examinés.

La liste des 75 pays concernés par cette suspension comprend l’Afghanistan, l’Albanie, l’Algérie, Antigua-et-Barbuda, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, les Bahamas, le Bangladesh, la Barbade, la Biélorussie, le Belize, le Bhoutan, la Bosnie, le Brésil, la Birmanie, le Cambodge, le Cameroun, le Cap-Vert, la Colombie, la Côte d’Ivoire, Cuba, la République démocratique du Congo, la Dominique, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, les Fidji, la Gambie, la Géorgie, le Ghana, la Grenade, le Guatemala, la Guinée, Haïti, l’Iran, l’Irak, la Jamaïque, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, le Koweït, le Kirghizistan, le Laos, le Liban, la Libéria, la Libye, la Macédoine du Nord, la Moldavie, la Mongolie, le Monténégro, le Maroc, le Népal, le Nicaragua, le Nigeria, le Pakistan, la République du Congo, la Russie, le Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie, la Tanzanie, la Thaïlande, le Togo, la Tunisie, l’Ouganda, l’Uruguay, l’Ouzbékistan et le Yémen.

Contactée par El Comercio, l’avocate péruvienne spécialisée en immigration, Ysabel Lonazco, basée dans l’Utah, explique que suspendre le traitement des visas signifie arrêter le traitement des demandes d’entrée légale aux États-Unis. Elle souligne que les États-Unis disposent d’un « plein pouvoir » en matière d’immigration, leur conférant une large autorité pour décider qui peut entrer sur leur territoire, conformément à l’Immigration and Nationality Act (INA).

« L’article 212 (f) de cette loi donne au président le pouvoir de suspendre temporairement l’entrée d’étrangers – ou de certaines catégories – s’il estime que leur entrée serait préjudiciable aux intérêts du pays. »

Ysabel Lonazco, avocate spécialisée en immigration

Selon l’avocate, cette mesure peut être interprétée comme une forme de veto à l’immigration, relevant du pouvoir discrétionnaire de l’exécutif. Elle précise que seuls les visas d’immigrant sont suspendus pour le moment, les visas temporaires restant en vigueur.

Concernant les dossiers déjà en cours ou les entretiens programmés, Mme Lonazco indique que tout est actuellement suspendu, sans annonce d’exceptions claires. Elle prévoit toutefois que cette mesure sera contestée devant les tribunaux, ce qui pourrait modifier la situation dans les semaines ou les mois à venir. Elle ajoute que même si un visa a été approuvé, l’entrée aux États-Unis pourrait être refusée.

L’impact de cette suspension est considérable, notamment en termes de procédure régulière. De nombreuses familles devront attendre plus longtemps avant de pouvoir se réunir. Les procédures de résidence permanente, qui durent généralement entre deux et trois ans, sont désormais bloquées, laissant dans l’incertitude des milliers de personnes en attente de retrouver leurs proches.

Mme Lonazco estime qu’une action collective ou un recours contre cette mesure est envisageable, et qu’une plainte pourrait être déposée dans les semaines à venir, s’appuyant sur un contentieux déjà en cours concernant une précédente vague de suspensions de visa.

La sélection des pays concernés par cette suspension repose généralement sur des facteurs tels que le niveau de coopération avec les États-Unis, les taux de violations de l’immigration et les considérations de sécurité nationale.

La notion de « charge publique », prévue par la loi sur l’immigration et la nationalité, évalue la capacité d’un immigrant à subvenir à ses besoins financiers et à ne pas dépendre de l’aide publique. Les immigrants qui obtiennent la résidence permanente doivent généralement fournir une garantie financière (formulaire I-864) et ne sont pas immédiatement éligibles à l’aide gouvernementale.

Pour les personnes originaires des pays touchés qui envisageaient d’immigrer légalement aux États-Unis, l’avocate recommande de consulter immédiatement un avocat spécialisé en immigration afin d’évaluer leur situation et les alternatives juridiques possibles.

Il est encore trop tôt pour déterminer la légalité définitive de cette suspension, dont l’issue dépendra probablement des décisions des tribunaux fédéraux américains.

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