Quatre femmes figurent parmi les cinq Palestiniens tués par une frappe aérienne israélienne sur un immeuble résidentiel de Gaza City aux premières heures du samedi 3 octobre 2026. L’attaque a notamment coûté la vie à une universitaire ainsi qu’à une mère et sa fille issues de la petite communauté chrétienne de l’enclave.
L’opération s’est produite vers 1 h 30 du matin, touchant le rez-de-chaussée d’un bâtiment du quartier d’Al-Rimal à l’aide de tirs et d’explosions continus qui ont détruit l’habitation et provoqué un incendie.

Selon les précisions apportées par les services de santé et de la défense civile, quatre femmes figurent parmi les cinq victimes décédées lors de ce raid mené dans l’ouest de Gaza City.
Cinq morts dans le quartier d’Al-Rimal
Parmi les personnes tuées figurent Maysa Khader Ibrahim Abu Daoud et sa fille Mary Hafez Michel Najjar, deux femmes chrétiennes bien connues pour leur dévouement auprès des paroissiens et des déplacés abrités dans l’église de la Sainte-Famille. Leurs dépouilles ont été inhumées le samedi 3 octobre 2026 au cours d’un funérailles célébrées à l’église Saint-Porphyre, la plus ancienne de l’enclave.
La communauté chrétienne locale, qui compte moins de mille personnes dans la bande de Gaza, subit de plein fouet les conséquences des hostilités depuis le début du conflit en octobre 2023. Le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, a exprimé sa profonde douleur face à cette disparition tragique, tandis que le Comité présidentiel supérieur pour les affaires ecclésiastiques en Palestine a déploré une perte douloureuse pour l’ensemble du pays.
Nous étions endormis et nous avons soudainement entendu des frappes continues et de lourdes explosions. Les enfants se sont réveillés en sursaut et ont commencé à courir et à crier.
Fouad al-Najjar, âgé de 14 ans et fils de Mary, a témoigné de l’horreur de cette nuit tragique auprès des journalistes en rappelant la vulnérabilité constante des civils après de longs mois de destruction. Aujourd’hui est essentiellement le pire jour de ma vie. J’ai perdu ma mère et ma grand-mère aujourd’hui
, a-t-il déclaré selon les propos rapportés par l’agence Reuters.

La disparition de l’universitaire Yasmin Al-Bobo
Le raid nocturne a également endeuillé la communauté universitaire en fauchant la vie de la docteure Yasmin Khamis Al-Bobo, chargée de cours au département multimédia de l’Université de Palestine, ainsi que celle de sa mère Halloum Al-Bobo. L’universitaire s’illustrait par un parcours académique dense, jalonné de trois masters en management, en systèmes d’information et en développement durable, et poursuivait un doctorat en informatique et intelligence artificielle.
De son côté, Ramy Abdu, qui dirige l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme, a rappelé que cette frappe touche les élites intellectuelles palestiniennes. Selon les statistiques humanitaires de l’organisation, environ 194 penseurs, universitaires et chercheurs ont péri dans l’enclave depuis le mois d’octobre 2023.
Les réactions officielles et l’opération de l’armée israélienne
Du côté de l’armée israélienne, un communiqué diffusé plus tard dans la journée a indiqué qu’un raid nocturne distinct avait visé un appartement à Gaza City dans le but d’éliminer Ali al-Amoudi, présenté par des sources du Hamas comme le chef du bureau politique du mouvement dans l’enclave. Les autorités militaires ont toutefois précisé qu’il n’était pas immédiatement établi si cette opération correspondait exactement à celle qui a causé la mort des cinq civils.
La diplomatie palestinienne et les instances politiques ont vigoureusement condamné l’attaque. Le ministère des Affaires étrangères a qualifié l’action d’illustration d’une campagne systématique d’extermination, tandis que le président du Conseil national palestinien, Rawhi Fattouh, a affirmé que l’opération démontrait le mépris de l’âge, de la profession ou de la religion des victimes.
Les bilans fournis par le ministère de la Santé font état d’au moins 74 228 morts depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023, dont 1 445 décès recensés depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu parrainé par les États-Unis en octobre 2025.